Dans un communiqué publié le 24 février 2025, l’agence de notation financière américaine Fitch Ratings a confirmé la note de défaut des émetteurs en devises à long terme (IDR) d'Ecobank Transnational Incorporated (ETI) à "B-". Elle a également maintenu la note de viabilité (VR) du groupe à "B-", ce qui renvoie à une perspective "stable". A en croire l’agence financière, ces notes reflètent la solvabilité autonome du groupe Ecobank avec en premier plan, un chiffre d’affaires solide et une qualité d’actifs acceptable.
Cette notation financière traduit tout de même l'opinion de Fitch selon laquelle « le groupe dispose des filiales bancaires couvrant 33 pays d’Afrique subsaharienne et d’actifs de 26,6 milliards de dollars à la fin du 3ème trimestre 2024, ce qui en fait l’un des plus grands groupes bancaires du continent en dehors de l’Afrique du Sud. La forte diversification des revenus s’appuie sur une large empreinte géographique et des revenus autres que d’intérêts élevés (44 % du résultat opérationnel) », commente l’agence dans sa publication.
Lire aussi : Marché obligataire : le groupe Ecobank lève plus de 240 milliards de Fcfa au taux de 10,12%
Bien plus, ajoute Fitch, le bénéfice d’exploitation de la holding togolaise s’est amélioré à 4,9% des actifs pondérés en fonction des risques pendant les neuf premiers mois de l’année écoulée, contre 4,2 % en 2023. Ce qui reflète, la baisse des charges de dépréciation et l’élargissement de la marge nette d’intérêts bénéficiant de la hausse des taux d’intérêt. De fait, Fitch s’attend à ce que les rendements d’exploitation des actifs pondérés en fonction des risques restent sains cette année 2025.
Autre facteur qui a participé à la conservation de la note « B-» du banquier présent dans les six Etats de la Cemac (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée Equatoriale, RCA et Tchad), son profil de financement bénéficie d’un pourcentage élevé de comptes courants et d’épargne, et une faible concentration de déposants. Pour preuve, l’émission d’euro-obligations senior non garanties de 400 millions de dollars d’ETI en octobre 2024 a permis de réduire les risques de refinancement associés au montant important de la dette des sociétés de portefeuille bancaires (BHC) arrivant à échéance en 2025.
Toutefois, ces aspects positifs sont mis en balance avec les conditions d’exploitation du groupe, influencées négativement par les risques élevés de viabilité de la dette souveraine en Afrique subsaharienne. Le Nigeria (B-/Positif) et le Ghana (RD), qui sont deux des plus grands marchés du groupe à fin 2023, combinant ainsi 26% du total des actifs, ont tous deux été dégradés ces dernières années (le Ghana ayant fait défaut sur sa dette en monnaie locale et en devises étrangères au 1er trimestre 2023). Face à la dévaluation du naira nigérian et du cedi ghanéen, le ratio de fonds propres de base du groupe Ecobank est tombé à 9,7% à la fin du 3ème trimestre 2024 contre 10,4 % à fin 2023. Plus, des risques de financement de contagion pour le groupe pourraient survenir si sa filiale nigériane est confrontée à une accélération de l’échéance de son euro-obligation en février 2026, en raison de l’incapacité à rétablir la conformité des fonds propres d’ici la fin du 3T25.
Lire aussi : Ecobank désignée banque la plus innovante en Afrique
Pour Fitch, la note de défaut des émetteurs en devises à long terme et celle de viabilité d'ETI pourraient être revues en raison d’une amélioration de l’environnement opérationnel du groupe, qui s’accompagne d’une réduction significative de son exposition aux risques de change, d’une réduction des pertes de change et d’un renforcement de la capitalisation.








