Le groupe énergétique britannique Globeleq, opérateur des centrales à gaz de Kribi et à fuel de Dibamba, a annoncé une réduction de sa production d’électricité, invoquant une dette impayée de l’opérateur de distribution Eneo. Selon l’entreprise, les créances des filiales KPDC et DPDC atteignent désormais 137 milliards de FCFA, compromettant la continuité des opérations. Dans son communiqué, Globeleq dénonce une situation devenue insoutenable. « Cette situation non sollicitée et dommageable ne permet pas à nos entreprises de conduire les programmes de maintenance planifiés ou imprévus, nécessaires pour garantir la sécurité des équipements et du personnel », indique la société.
Cette annonce intervient dix jours après une sortie du ministre camerounais de l’Eau et de l’Énergie, Gaston Eloundou Essomba qui affirmait le 14 janvier que des négociations étaient en cours pour trouver une solution et permettre un règlement progressif de la dette d’Eneo envers ses fournisseurs : « Sous la houlette du gouvernement, les discussions se poursuivent afin de garantir la continuité de l’approvisionnement énergétique ». Globeleq, de son côté, affirme avoir soumis des propositions aux autorités camerounaises et au distributeur afin de parvenir à une issue favorable. « Nous avons fait des propositions de solutions aussi bien à notre cliente ENEO qu’au Gouvernement, de nature à permettre le redémarrage immédiat et complet des deux centrales de Kribi et Dibamba et à juguler la crise de délestage des ménages et des industries que subit notre pays ». Contacté, Eneo n’a pas souhaité faire de commentaire sur ce sujet.
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Depuis septembre 2024, l’arrêt partiel des centrales de Globelec aggrave les délestages qui affectent aussi bien les ménages que les industries. Le Cameroun traverse une crise énergétique majeure, marquée par une baisse drastique de la production sur le Réseau interconnecté Sud (RIS). Selon le ministre de l’Eau et de l’Énergie, cette situation résulte d’une combinaison de facteurs. Outre l'arrêt de production par le producteur indépendant Globeleq des centrales à gaz de Kribi et à fuel de Dibamba (Douala), Gaston Eloundou Essomba relève aussi une diminution de 70 MW dans les centrales hydroélectriques de Songloulou et d’Edéa, ainsi qu’une pluviométrie insuffisante affectant le remplissage des barrages.
Le barrage de Lom-Pangar, censé réguler le débit du fleuve Sanaga, n’a pas atteint ses objectifs en raison d’un déficit hydrologique de plus de 2 milliards de mètres cubes. De plus, la centrale hydroélectrique de Memve’ele, d’une capacité installée de 211 MW, a vu sa production chuter à seulement 35 MW. Quant au barrage de Nachtigal (420 MW), sa mise en service est retardée par des contraintes liées au réseau de transport.
Face à cette crise, le gouvernement mise sur le redémarrage des centrales de Kribi et Dibamba et sur l’amélioration des conditions hydrologiques attendue d’ici fin mars. En attendant, des mesures ponctuelles ont été prises, notamment l’optimisation des centrales existantes, le renforcement de l’approvisionnement en combustibles et la réduction de la consommation industrielle pour prioriser les ménages. Les prochaines semaines s’annoncent cependant délicate.



