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Amir Ben Yahmed : « le Maroc est devenu, en moins de 20 ans, un des piliers majeurs de la finance africaine »

En marge de l’Africa Financial Summit (AFIS) 2024, le président de Jeune Afrique Media Group a appelé les pays africains à construire un géant africain de la banque et de l’assurance autour d’un groupe marocain, s’ils veulent construire leur souveraineté en abolissant une grande partie des frontières financières.

Publiée mardi 10 décembre 2024 à 13:47:24Modifiée mardi 10 décembre 2024 à 14:12:20Temps de lecture 5 minPar Jean Omer Eyango

Le président de Jeune Afrique Media Group, organisateur de l’AFIS, Amir Ben Yahmed
Le président de Jeune Afrique Media Group, organisateur de l’AFIS, Amir Ben Yahmed

La 3e édition de l’Africa Financial Summit (AFIS) qui s’est ouverte lundi à Casablanca, au Maroc, en est à sa deuxième et dernière journée ce 10 décembre. Cette année, ce rendez-vous devenu incontournable de la finance africaine rassemble plus de 1000 leaders de l’industrie financière mondiale et décideurs politiques, dont une trentaine de ministres et de gouverneurs de banques centrales, autour du thème « une nouvelle ère : le temps des puissances financières africaines est venu ». A l’ouverture de ce sommet, le 09 décembre, le président de Jeune Afrique Media Group, organisateur de l’AFIS, Amir Ben Yahmed, a salué la vision « panafricaine » du Maroc dans le secteur de la finance, vision qui, du reste, aura inspiré le lancement de l’AFIS en 2019, à la suite de l’annonce du projet de création de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), en 2018.

Cette vision, trouve-t-il, est un catalyseur de transformation, que ce soit à travers la réussite des groupe Bank of Africa, Attijariwafa ou encore BCP, à travers le succès de la place financière de Casablanca « qui a su séduire en une dizaine d’années près de 200 entreprises internationales s’intéressant au continent ou encore la capacité d’acteurs nationaux privés à acquérir seul des filiales importantes de groupe bancaire internationaux. Ces réussites sont le résultat d’une vision panafricaine, celle de sa Majesté le roi Mohamed VI qui a toujours encouragé les acteurs marocains à mettre l’Afrique au cœur de leurs enjeux de développement et à le faire en veillant à promouvoir un esprit de partenariat sud-sud. Celles des différents régulateurs qui ont su encourager l’initiative privée en dehors des frontières tout en veillant à l’encadrer sur le plan prudentiel ».

Lire aussi : Africa Financial Summit - AFIS 2024 : L’heure de la mobilisation a sonné pour l’industrie financière africaine

Pour lui, c’est grâce à cette approche, entre autres, que le Maroc est devenu, en moins de 20 ans, un des pays piliers majeurs de la finance africaine. Et au moment où l’Afrique est à la recherche de modèles aspirationnels pour construire sa souveraineté, Amir Ben Yahmed pense que la performance du Maroc mérite d’être saluée. C’est d’ailleurs cette vision panafricaine qui constitue « l’ADN de l’Africa Financial Summit ». Le président de l’AFIS rappelle que cette conférence a été créée avec 3 convictions très fortes : l’Afrique doit conquérir sa souveraineté économique pour garantir sa place dans un monde multipolaire ; elle doit pour cela renforcer l'industrie la plus importante pour sa croissance, la vôtre, celle qui assure le financement du secteur privé, des grands projets d'infrastructures, celle qui doit être le garant de l’inclusion financière ; et cet objectif passe par une vision panafricaine de l’industrie, « celle d’une véritable « Afrique » des service financiers qui devra être élaborée ensemble, avec de l’ambition et la volonté ferme d’abolir une grande partie des frontières financières.

Quelques obstacles se dressent encore malheureusement devant cette ambition. « Certains sont réglementaires. C’est pour cela que nous avons structuré cet événement autour du dialogue public-privé. Je salue très chaleureusement au passage les régulateurs, ministres des finances et gouverneurs de banque centrale, ils sont une trentaine pour cette édition. Et Ils ont depuis le lancement de cette conférence en 2022 toujours répondu présents pour dialoguer avec les Banquiers, les assureurs, les fintechs, les investisseurs institutionnels. D’autres obstacles sont parfois psychologiques, notamment lorsqu’il s’agit de dépasser les nationalismes et imaginer par exemple un géant africain de la banque ou de l’assurance réunissant demain capitaux Nigérian, Marocains ou Kenyans (…) L’AFIS est en tout cas là pour aider à lever ces obstacles, favoriser les rencontres, et si j’en juge par la progression du nombre de participants, c’est un objectif qui est largement partagé ».

De grands noms en vedette

Amir Ben Yahmed salue également quelques grands noms du secteur qui ont particulièrement illustré ces 12 dernier mois l’esprit de l’AFIS, à commencer par Aigbodje Aig Imoukuede, chairman du Groupe nigérian de bancassurances Access et Coronation, qui a acquis il y a quelques mois le groupe Afrasia en Afrique de l’est ainsi que 5 filiales de Standard Chartered. Il cite en outre Idrissa Nassa, président du groupe régional Coris qui n’a de cesse de se développer et qui vient d’acquérir une filiale de Société générale et une autre de la Standard Bank, et enfin Abdessalem Alaoui, le PDG de HPS qui est des principaux fournisseurs mondiaux de solutions de paiement, qui est pour sa part allé renforcer son groupe en Irlande avec l’acquisition de C2R, spécialiste de la banque digitale.

L’AFIS 2024, c’est 50 sessions structurées autour de 3 fils rouges : la consolidation pour développer des champions régionaux et continentaux dans les secteurs de la banque et de l’assurance ; la facilitation du commerce intra africain en faisant de l'interopérabilité des paiements un axe majeur de développement pour l’industrie ; et enfin la mobilisation de l’épargne africaine aujourd’hui estimée à 500 milliards de dollars, avec, entre autre, une plus grande intégration des marchés financiers africains, à l’instar d’euronext en Europe, et une plus grande liberté dans la création de produits et de services financiers à destination des investisseurs.

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