La Banque de Développement des États de l’Afrique Centrale (BDEAC) a mis en place en 2024, une ligne de garantie de 30 milliards FCFA en faveur de la Banque Sino-Congolaise pour l’Afrique (BSCA Bank), destinée à sécuriser le financement du cycle d’exploitation de la Société Nationale des Pétroles du Congo (SNPC). Pour la BDEAC, ce dispositif cadre avec sa ligne dédiée au financement des banques et à la trade finance, un instrument visant à renforcer la résilience financière des institutions locales et à soutenir les entreprises publiques cruciales pour les économies de la sous-région.
L’opération répond à un double objectif : garantir la continuité de l’approvisionnement en carburant, essentiel pour la stabilité économique et sociale du pays, et offrir un appui indirect à la SNPC, qui devrait contribuer à 56% des recettes budgétaires prévues pour 2024. Ainsi, le choix de la BSCA ne semble pas anodin. L’établissement occupe la deuxième place du marché bancaire congolais au 31 décembre 2024 avec un volume d’épargne collectée de 555,7 milliards FCFA (20,2% de parts) et 400,5 milliards FCFA de crédits octroyés (16,1% de parts). « De part cet instrument, la BDEAC joue de façon indirect son rôle de participation au développement des économies de la sous-région en soutenant l’ambition d’accompagnement de la BSCA BANK à l’endroit de la SNPC », souligne l’institution sous-régionale dans son rapport 2024.
Échec obligataire malgré la garantie
Cependant, la solidité apparente de cette opération n’a pas suffi à rassurer les investisseurs lors de la première émission obligataire de la SNPC sur le marché financier unifié de la CEMAC. L’opération dénommée « SNPC 6,5% NET 2024-2029 », lancée en février 2025 avec un objectif de 100 milliards FCFA, n’a permis de lever que 32 milliards FCFA, soit un taux de souscription de 32 %, un des niveaux les plus faibles enregistrés dans la région depuis dix ans.
Des experts estiment que les conditions offertes n’étaient pas assez attractives pour le profil de l’émetteur. Les obligations, rémunérées 6,5 % net/an sur cinq ans, prévoyaient un remboursement à partir de décembre 2025, adossées uniquement à un compte séquestre logé dans les livres de la BSCA Bank. Les performances financières de la SNPC en 2024 n’ont fait qu’aggraver cette perception : le résultat net a chuté de 72 %, passant de 68,4 milliards FCFA en 2023 à 18,9 milliards FCFA, conséquence directe d’une contraction de la production pétrolière à 14,024 Million de Barils Équivalent Pétrole (Mbep), contre 14,864 Mbep un an plus tôt.
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Cet épisode illustre les limites des garanties bancaires face aux fragilités structurelles des entreprises publiques. Si la BDEAC et la BSCA Bank ont contribué à sécuriser l’approvisionnement pétrolier, la faiblesse de la levée de fonds montre que les investisseurs restent prudents face à un émetteur jugé risqué, alors que la SNPC ambitionne de mobiliser 200 milliards FCFA supplémentaires en 2025 et 2026 pour financer un plan de forage et relancer sa production.
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