Vieux de six ans, Aéroports du Cameroun (ADC), la société publique en charge de l’exploitation et la gestion des infrastructures aéroportuaires du pays, ressuscite le projet de rénovation de l’aéroport international de Douala. Attendue depuis 2018, la reprise des travaux y relatifs est annoncée pour le troisième trimestre de cette année 2024, a appris EcoMatin. « Sauf changement de dernière minute, les travaux seront lancés entre les mois de septembre et octobre », confirme un cadre de l’entreprise.
En effet, d’après le directeur général des ADC, Thomas Owona Assoumou, la rénovation de l’aéroport de Douala sonne désormais comme une priorité. Cette aérogare, fait-il remarquer dans un avis d’appel à manifestation signé le 22 mai, est aujourd’hui inadapté au trafic : « Elle présente des écarts par rapport aux standards internationaux en termes de sécurité, dureté, fluidité, séparation des flux et qualité de service aux passagers et aux compagnies. La capacité de l’aérogare et son potentiel des recettes extra-aéronautiques sont par ailleurs sous exploitées ».
Pour financer les travaux, les ADC se sont tournés vers l’Agence Française de Développement (AFD), à l’effet de solliciter un financement sous forme de prêt de 66 milliards de Fcfa. Selon des sources ayant connaissance du dossier au sein de l’entreprise, ladite demande de financement est en voie d’approbation par l’institution financière publique de France. « La société Aéroport du Cameroun […] a l’intention d’utiliser une partie du montant pour effectuer les paiements au titre de la mission du Maître d’œuvre classique du projet sus-cité », fait savoir Thomas Owona Assoumou.
Faire passer la capacité annuelle d'1,5 à 2,5 millions de passagers
D’après les informations consultées par EcoMatin, le projet a pour mission d’adapter la configuration, l’organisation intérieure et l’occupation de l’aérogare aux standards internationaux et aux besoins de traitement et de valorisation de ses trafics. Objectif : faire passer la capacité actuelle de l’aérogare passagers limitée à 1,5 millions de passagers, à une capacité annuelle de 2,5 millions de passagers. « Il vise à améliorer le fonctionnement d’ensemble (conformité réglementaire), ainsi que la productivité et la qualité du site (services aux passagers et aux compagnies), notamment en augmentant les recettes extra-aéronautiques (boutiques) », explique le patron des ADC. Ainsi, il est concrètement question de la réorganisation du parcours passager, la création d’un poste d’inspection filtrage (PIF) centralisé, la séparation des flux arrivées/départs, la séparation des flux internationaux/domestiques, la mise aux normes des équipements, et la réorganisation des postes de stationnement des avions.
Un projet au ralenti
Notons en guise de rappel, que la société publique en charge de l’exploitation et la gestion des infrastructures aéroportuaires du Cameroun avait déjà obtenu le 19 février, un premier prêt non souverain (non garanti par l’État du Cameroun) de 30,3 milliards de Fcfa auprès de l’AFD pour la rénovation du même aéroport. Il était question à l’époque, de réhabilitée la chaussée aéronautique, créer une seconde chaussée d’accès à la piste, rénover partiellement deux parkings avion et une partie de l’aérogare passagers. Seulement, huit ans plus tard, et ce malgré les nouveaux processus et méthodes de traitement des passagers, cet aéroport « n’a fait l’objet d’aucune évolution conséquente », regrette Thomas Owona Assoumou.








