Le producteur de caoutchouc Hevecam a demandé au gouvernement camerounais de renforcer le dispositif sécuritaire autour de son principal complexe agro-industriel de Niété, dans la région du Sud, estimant que la recrudescence des vols menace désormais sa production et la sécurité de ses employés. Cette requête a été formulée vendredi dernier au ministre de l'Administration territoriale, Paul Atanga Nji, lors d'une réunion consacrée à la sécurité du site, selon Cameroon Tribune. Présentant la situation de l'entreprise, le directeur général adjoint, Alain-Christian Bikoe, a plaidé pour la création d'un commissariat de sécurité publique à Niété ainsi que de nouveaux postes de police et de gendarmerie afin de renforcer les capacités d'intervention des forces de sécurité.
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Selon le responsable, le site est confronté à une multiplication des vols de caoutchouc, de matériel agricole et de biens appartenant aussi bien à l'entreprise qu'à ses employés, ainsi qu'à des agressions et des tentatives de viol. « La sécurité est devenue un véritable casse-tête permanent pour la direction générale », a-t-il expliqué, estimant que cette situation est de nature à affecter la sérénité des salariés et, par conséquent, le rendement de l’entreprise. Cette demande intervient dans un contexte économique déjà difficile pour Hevecam. Contrôlée à 90 % par Halcyon Agri, en partenariat avec Sinochem International, et à 10 % par l'État camerounais, l'entreprise traverse des tensions de trésorerie. Alain-Christian Bikoe a indiqué que les derniers bénéfices remontaient à 2014, confirmant les difficultés persistantes d'un acteur pourtant stratégique de la filière caoutchouc au Cameroun.
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Ces difficultés ne sont pas nouvelles. En 2020, Hevecam avait supprimé 1 037 emplois, soit près d'un salarié sur six, pour des raisons économiques. La restructuration avait principalement touché les saigneurs, le personnel de plantation et plusieurs fonctions administratives afin d'adapter les coûts à la baisse des performances de l'entreprise. Six ans plus tard, Hevecam emploie encore 4 903 salariés, ce qui en fait l'un des plus importants employeurs du pays après l’État. Au-delà du seul cas d'Hevecam, cette requête illustre un enjeu plus large pour les grands groupes agro-industriels. Avec 42 000 hectares de plantations autour de Niété, les pertes liées aux vols ne relèvent plus seulement de la sécurité publique : elles affectent directement la production, la rentabilité et l'attractivité des investissements. En sollicitant un renforcement durable de la présence des forces de l'ordre, la direction d'Hevecam fait de la sécurité un levier de compétitivité autant qu'une condition de pérennité de ses activités.








