La Caisse des dépôts et consignations (CDEC) du Cameroun, opérationnelle depuis 2023, franchit une étape décisive dans l'élargissement de son rôle en tant qu'acteur du financement du développement. Le marché attribué au cabinet britannique Moore Stephens CA le 14 août 2025, d'un montant de 96,5 millions de Fcfa, a été conclu suite à un appel d’offres national restreint lancé le 4 juin dernier. Le cabinet dispose d'un délai de quatre mois pour livrer ses conclusions. L'urgence de ce calendrier souligne la volonté de l’institution d'accélérer la mise en place de cet instrument de financement dont la mission principale s'articule autour de plusieurs axes fondamentaux.
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Entre autres, l’on peut citer l’évaluation du cadre réglementaire et juridique en vue de déterminer la faisabilité légale et les exigences réglementaires pour l'établissement d'une entité bancaire endogène. Ensuite, il est question de réaliser la conception d'un modèle économique et financier viable. Ce qui revient à élaborer un business model solide, garantissant la pérennité et l'efficacité de la future institution bancaire.
Faciliter l’accès au financement des PME
Le cabinet britannique doit aussi proposer une gamme de produits et services innovants. Cela revient à définir une offre adaptée aux besoins spécifiques des acteurs économiques du pays notamment les PME dont l’accès au financement reste limité. Et parmi ces produits et services, l’on peut citer entre autres des prêts à long terme, des garanties, le crédit-bail ainsi que des mécanismes de financement innovants.
Car, faut-il le rappeler, l'objectif principal de la mise sur pied de cette filiale bancaire est de faciliter l’accès au financement des PME notamment celles qui interviennent dans la commande publique. En leur offrant des solutions de financement adaptées, la CDEC cherche à améliorer leur trésorerie et à garantir leur participation efficace aux projets de l'État.
Soutien à l’Etat et aux Collectivités
La filiale est également destinée à soutenir l'État et les Collectivités Territoriales Décentralisées dans la conception des mécanismes d’aide à la mobilisation des fonds nécessaires à la réalisation de leurs projets d’infrastructures, comblant ainsi un déficit souvent observé dans le financement local à long terme. La création de cette filiale bancaire répond à une ambition double pour la CDEC : consolider son rôle de conservateur d’actifs publics et privés, et devenir un catalyseur majeur du financement de l'économie conformément aux priorités gouvernementales.
Au-delà du financement direct, la future filiale bancaire jouera un rôle d’accompagnement et de conseil essentiel dans l'écosystème financier. Elle est appelée à fournir des conseils stratégiques aux acteurs économiques, question de devenir un partenaire stratégique pour le montage de projets complexes et l'optimisation des stratégies d'investissement. Ensuite, la CDEC envisage également d’accompagner les entreprises locales dans leur projet d’introduction en Bourse dans le but ultime de contribuer au développement du marché financier régional et d’offrir de nouvelles voies de levée de fonds pour les entreprises.
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Le projet de mise en place d’une filiale bancaire à la CDEC représente un tournant stratégique qui devrait faire passer cette institution de structure de conservation d’avoirs inactifs, en déshérence et autres consignations, à un acteur de plein exercice dans le domaine bancaire et financier, avec l'ambition de démultiplier son impact sur le financement de l’économie réelle et le développement des infrastructures au Cameroun.
C’est ainsi que suivant les pas de ses prédécesseurs de France et du Maroc, elle a décidé de la création d’une filiale bancaire pour ses activités résiduelles. Aussi la préqualification des candidats devant conduire les études portant création d’une filiale bancaire, a-t-elle été rendue publique le 28 mars 2025. Dans la short-list, l’on retrouvait deux cabinets britanniques, Moore Stephens et Grant Thornton aux côtés du Camerounais Asah Alpha & Co.









