L’Unité de Traitements Agricoles par Voie Aérienne (UTAVA), établissement public chargé notamment des opérations de traitement phytosanitaire et d’épandage aérien dans les plantations agricoles et industrielles du Cameroun, utilise un logiciel piraté. L’information figure dans le rapport du commissaire aux comptes sur les états financiers 2025 de l’entreprise. « Le logiciel utilisé par la Direction Générale de l’UTAVA est une version piratée », relève Auditec-Foirier Consulting. Le cabinet estime que cette situation pourrait entraîner des « risques significatifs », notamment la perte de données confidentielles et des problèmes de conformité légale. Il recommande à la direction de régulariser la situation.
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Le rapport ne précise toutefois ni le nom du logiciel concerné ni son usage. Cette observation n’a pas conduit le commissaire aux comptes à remettre en cause la certification des états financiers. Auditec-Foirier estime que les comptes 2025 sont réguliers, sincères et donnent une image fidèle de la situation financière de l’UTAVA.
Un hangar d’entretien toujours inachevé
Le logiciel piraté n’est cependant pas la seule faiblesse relevée par l’auditeur. Celui-ci attire également l’attention sur le non-achèvement du hangar destiné à l’entretien des avions à l’aérogare de Tiko, dans le Sud-Ouest. Le marché portant sur la réhabilitation et l’extension de cette infrastructure avait été attribué à SERMI SARL à la suite d’un appel d’offres lancé en avril 2016. Le contrat a été signé le 5 décembre de la même année. Près de dix ans plus tard, les travaux n’étaient toujours pas achevés au moment de l’audit. Le commissaire aux comptes précise qu’une procédure engagée par la direction générale est en cours, sans en détailler la nature.
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Ces difficultés interviennent alors que les performances financières de l’entreprise se dégradent. Si le chiffre d’affaires a progressé de près de 10 % à 775,2 millions de FCFA en 2025, contre 704,9 millions un an plus tôt, cette hausse n’a pas suffi à préserver la rentabilité.
Le résultat net est ainsi passé d’un bénéfice de 104,7 millions de FCFA en 2024 à une perte de 98,1 millions en 2025. Ce repli est corrélé à une forte réduction des appuis budgétaires. La subvention d’exploitation versée à l’UTAVA est tombée de 250 millions à 150 millions de FCFA, soit une baisse de 40 %. Dans le même temps, plusieurs postes de charges ont augmenté : les achats de 29 %, les services extérieurs de près de 20 % et les dépenses de transport de 87 %.
Paradoxalement, l’État constitue aussi le principal débiteur visible dans les comptes de l’établissement. Les créances sur « l’État et les collectivités publiques » ont bondi de 455,6 millions à 700,3 millions de FCFA, soit +53,7 % en un an. Ce montant représente à lui seul environ 90 % du chiffre d’affaires annuel de l’UTAVA. Les états financiers ne détaillent toutefois pas la nature exacte de ces créances.







