elite_capital-15-09-2026
Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Banques et FinanceEecomembre

CEMAC : 4 points pour comprendre pourquoi la COBAC veut fixer à 25 milliards FCFA le capital minimum des banques

Après quinze ans sans révision, la COBAC envisage de relever le capital minimum exigé aux banques de la zone CEMAC à 25 milliards FCFA. EcoMatin décrypte les quatre raisons qui motivent cette réforme ambitieuse.

Publiée jeudi 23 octobre 2025 à 14:00:14Modifiée jeudi 23 octobre 2025 à 14:00:16Temps de lecture 6 minPar Cedrick JIONGO

Ondele
Le secrétaire général de la COBAC, Marcel Ondele

Au cours de sa prochaine session ordinaire, la Commission Bancaire d’Afrique Centrale (COBAC) qui supervise l’activité des banques, microfinances et établissements financiers dans les six pays de la CEMAC, se prononcera sur les nouveaux seuils de capital minimum pour ses assujettis. Concernant les banques, le projet de règlement que EcoMatin a pu consulter suggère de faire passer ce plancher à 25 milliards FCFA (contre 10 milliards actuellement) pour les banques et à 4 milliards FCFA pour les établissements financiers, contre 1 milliards FCFA. S’il est validé en l’état, le texte entrera en vigueur en 2026 et s’appliquera aux nouveaux acteurs qui solliciteront l’agrément, mais aussi à ceux qui en disposent déjà. En effet, ces derniers disposeront d’une période transitoire de 3 ans (2026-2028) se conformer, soit une augmentation progressive de 5 milliards FCFA chaque année pour les banques et de 1 milliard pour les établissements financiers.

Aligner les exigences réglementaires sur la taille réelle du secteur
Pourquoi 25 milliards FCFA ? Pourquoi pas 20 ou 30 ? Pour une institution comme la COBAC ce seuil n’a évidemment pas été fixé de manière arbitraire. Il résulte d’une réflexion visant à adapter le capital minimum des banques à la réalité économique du secteur. Une étude interne menée en 2020 par les services de la COBAC, intitulée « Quel capital minimum pour les banques de la CEMAC ? », recommandait déjà un seuil de 25 milliards FCFA comme référence. Son auteur, Justin Bem, économiste au sein de l’institution, avait utilisé une approche économétrique pour déterminer la relation entre le niveau d’activité d’une banque et ses fonds propres.

Lire aussi : CEMAC : la COBAC prépare une réforme pour relever le capital minimum des banques de 10 à 25 milliards FCFA

Ses calculs avaient montré qu’un capital compris entre 17,5 et 23,8 milliards FCFA était nécessaire pour soutenir l’activité moyenne d’une banque de la région. En fixant la borne supérieure à 25 milliards FCFA, la COBAC s’assure d’un niveau de solidité jugé optimal. Certes, renforcer le capital social vise à solidifier les établissements, mais il ne s’agit pas non plus d’imposer une barrière trop haute qui étoufferait la concurrence.

Depuis 2020, le total de bilan des banques de la CEMAC a progressé de près de 27 %, atteignant environ 25 000 milliards FCFA en 2024, selon les chiffres de la COBAC. Cette expansion est alimentée par le financement des États et des grands projets, alors que le capital réglementaire, lui, n’a pas bougé depuis 15 ans. Les fonds propres nets, en hausse de 40 % sur cinq ans (à 1 889 milliards FCFA), peinent à suivre le rythme de croissance des dépôts et des crédits. Résultat ? « Les banques sollicitent régulièrement de la COBAC des dérogations sur les pondérations du fait de l’insuffisance des fonds propres », explique Justin BEM. La recapitalisation devrait donc permettre d’ajuster ce fossé.

Amortir les chocs

Une autre raison qui peut justifier le projet du gendarme bancaire de la CEMAC, c’est c’est la fragilité persistante de la structure financière des établissements de la région. Une faiblesse régulièrement soulignée par les experts du FMI lors des consultations annuelles avec les institutions régionales. À fin 2023, selon les données de la COBAC, 33 banques ne disposaient pas d’un niveau de fonds propres suffisant pour respecter l’ensemble des ratios prudentiels. Parmi elles, 17 étaient en infraction sur la représentation du capital minimum, et 13 sur le ratio de couverture des risques. Cela montre que de nombreuses institutions restent sous-capitalisées et vulnérables aux chocs macroéconomiques. Ces défaillances ont d’ailleurs contribué à la vague de restructurations bancaires observée ces dernières années dans la région.

La qualité du portefeuille de crédits reste également un sujet de préoccupation. L’encours des créances en souffrance s’élève à 2 024 milliards FCFA, en hausse de 7,7 % sur un an, soit 16,2 % du portefeuille global des crédits. Pour couvrir ces risques, les banques ont dû mobiliser 1 464 milliards FCFA de provisions en puisant dans leurs fonds propres. En relevant le capital minimum, la COBAC vise à doter les banques d’un matelas plus épais pour absorber les pertes potentielles liées à ces portefeuilles risqués. Bien plus, cette mesure offrirait aussi plus de marges de manœuvre pour financer l’économie réelle.

Consolider et professionnaliser le secteur

La dernière révision du capital minimum des banques en zone CEMAC remonte à 2009. À l’époque, la COBAC venait tout juste d’obtenir la compétence de fixer les seuils de capitalisation, jusque-là du ressort des conseils nationaux du crédit. Cette réforme a permis à ce jour l’entrée d’une quinzaine de nouveaux acteurs dans le paysage bancaire sous-régional. Mais, comme le souligne Justin Bem dans son étude, elle n’a pas pour autant permis à la CEMAC de disposer de banques suffisamment capitalisées pour soutenir durablement la croissance. « Le système bancaire est resté fragmenté, avec beaucoup d’acteurs mais peu d’envergure », résume un cadre du secteur. Sur les 56 banques recensées en 2024, près de 40 % sont de petite taille, souvent à capitaux locaux et à marges financières limitées. À titre de repère, le total de bilan de la cinquantaine banques de la CEMAC était, en 2020, six fois inférieur à celui des 17 banques marocaines, et même en deçà de celui des 19 banques éthiopiennes.

Ceci dit, le relèvement du capital minimum à 25 milliards FCFA devrait agir comme un filtre naturel. Les établissements solides pourront se maintenir, tandis que les plus fragiles devront s’adosser à des groupes mieux capitalisés ou fusionner leurs activités pour continuer à exercer. On peut donc s’attendre à ce la réforme provoque une diminution du nombre d’acteurs et fasse émerger des institutions plus solides, mieux gérées et plus compétitives. À titre illustratif en 2004, la hausse du capital minimum de 2 à 25 milliards de nairas avait réduit le nombre de banques de 89 à 25 en un an, sans freiner le crédit.

S’aligner sur les standards régionaux

Sur le plan comparatif, la CEMAC accuse encore un retard structurel en matière de capitalisation bancaire. Alors que le capital minimum est fixé à 1,2 milliard USD au Nigeria, 150 millions en Égypte, 90 millions en Afrique du Sud, 77,4 millions au Kenya, 32 millions dans l’UEMOA et 30 millions en RDC, il ne dépasse pas 17,7 millions USD en zone CEMAC.

Dans ce contexte, le relèvement du capital minimum à 25 milliards FCFA (environ 41 millions USD) permettrait de placer la région dans la moyenne africaine, sans pénaliser la dynamique locale. Ce nouveau seuil traduit la volonté de la COBAC de moderniser le cadre prudentiel et de renforcer la crédibilité du système bancaire régional. Ce réalignement devrait aussi rassurer les groupes bancaires tels que BGFIBank, Ecobank, UBA, Société Générale, en leur garantissant un environnement plus conforme aux standards internationaux de supervision.

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
  • Accueil
  • Banques et Finance
  • CEMAC : 4 points pour comprendre pourquoi la COBAC veut fixer à 25 milliards FCFA le capital minimum des banques
CobaccemacMarcel OndeleArchive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

site_webBanques et FinanceLa BADEA renforce son soutien à la BDEAC avec un prêt de 20 milliards FCFA destiné aux PMEDéjà actionnaire et créancière de la BDEAC, la BADEA vient d’accorder à l’institution régionale une nouvelle ligne de crédit de 30 millions d’euros, soit 19,7 milliards de FCFA, destinée au financement des PME. Une nouvelle étape dans un partenariat qui s’étend également au vaste chantier de recapitalisation de la banque.il y a 3 heuresEpremiumJacqueline-Adiaba-Banques et FinanceMarché financier : la Cosumaf lève plusieurs restrictions sur les placements privésLes autorités monétaires de la CEMAC veulent offrir aux entreprises une alternative plus accessible aux appels publics à l’épargne.il y a 7 heuresEpremiumCapture d’écran 2026-07-09 à 13.47.26Banques et FinanceCameroun : les grandes multinationales bientôt obligées d'ouvrir 20 % de leur capital à la BVMAC ?Une étude du cabinet FedhEn Capital, remise au ministère des Finances le 9 octobre, recommande une loi qui obligerait les grandes multinationales des télécoms, des hydrocarbures, des mines et de la banque à diffuser 20 % de leur capital via la BVMAC en trente-six mois. La proposition reste soumise à l'arbitrage du gouvernement.il y a 11 heuresEpremiumWhatsApp Image 2026-10-12 at 13.57.27Banques et FinanceCongo : Charles-Henri Descalzi débauche chez L’Archer pour lancer Titan CapitalLa nouvelle société de bourse, constituée à Pointe-Noire avec 350 millions FCFA de capital, doit au préalable obtenir le feu vert de la COSUMAF pour démarrer ses activités.il y a 1 jourLe Hub Mupeci de Foulbéré à GarouaBanques et FinanceFinance islamique : la Mupeci lance sa fenêtre AL-Falah et ouvre un nouveau front à GarouaL’établissement de microfinance inaugure son premier Hub réunissant finance conventionnelle et finance islamique, avec l’ambition de renforcer son offre de financement de l’économie réelle.il y a 1 jour726493665_1560933575822600_5980585463187755861_nBanques et FinanceChanas Assurances : les actionnaires valident le doublement du capital à 13,27 milliards FCFAL'assureur camerounais a obtenu l'accord de ses actionnaires pour une importante restructuration de son capital, qui prévoit notamment un apport de 3,3 milliards de FCFA en numéraire. L'opération ouvre également la possibilité d'accueillir de nouveaux investisseurs.​il y a 1 jour

Articles similaires

EpremiumPHOTO-2026-01-05-19-02-36Banques et FinanceCameroun : NFC Bank dépasse les 200 milliards FCFA de bilan et 3,3 milliards de bénéfices avant sa privatisationDouze ans après son placement sous administration provisoire, la banque camerounaise affiche un bénéfice de 3,32 milliards de FCFA. L'État, qui détient 99,92 % du capital, doit s'en retirer au plus tard en juillet 2027.il y a 5 joursEpremiumOndeleBanques et FinanceBanques et Microfinances : la COBAC prononce 93 sanctions et écarte 11 dirigeantsLe superviseur bancaire de la CEMAC a renforcé son action disciplinaire en 2025, avec des sanctions allant jusqu'au retrait d'agrément et, dans certains cas, à l'interdiction temporaire d'exercer. Cette fermeté intervient alors que la COBAC relève encore d'importantes insuffisances en matière de fonds propres, de division des risques, de gouvernance et de contrôle interne.il y a 1 semaine
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1CEMAC : les pièces de monnaie émises entre 1958 et 1985 perdront leur cours légal dès le 1er novembre 2026il y a 4 jours2Gabon : l’État place une société agricole sous administration provisoire après l’échec de sa dissolutionil y a 4 jours3Youssoufa Bouba : le banquier de l’ombre qui fait briller Afrilandil y a 5 jours4Remaniement ministériel au Gabon : les sortants, les promus et les rescapés d'Oligui Nguemail y a 2 jours5Cameroun : l'État relance, 12 ans après, le projet de complexe industriel agroalimentaire à Kaélé pour 23 milliards FCFAil y a 5 jours6Taoukreo Hemwue Temwa promu directeur national de la BEAC au Tchadil y a 6 jours7Grande distribution : au Cameroun, Carrefour reste déficitaire pour la deuxième année consécutiveil y a 6 jours8​Boissons du Cameroun lance MBOA, une bière blonde au gingembre à 500 FCFAil y a 3 jours9Cameroun : la filière avicole revendique 1 170 milliards FCFA de chiffre d'affaires et 570 000 emploisil y a 4 jours10Gabon : qui est Olivier Mouckocko, l'ancien cadre d'Eramet nommé ministre de l'Eau et de l'Énergie ?il y a 1 jour
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.