Les taux d’intérêt débiteurs pratiqués par les banques de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) sont restés globalement stables au premier trimestre 2025, tandis que l’accès au crédit s’est contracté, selon les dernières données publiées par la BEAC. D’après la banque centrale, le taux effectif global (TEG) moyen s’est établi à 10,51 % entre janvier et mars 2025, contre 10,50 % un an plus tôt. En glissement trimestriel, le coût du crédit a toutefois reculé de 72 points de base, après avoir atteint 11,23 % au quatrième trimestre 2024.
Précisons que la BEAC entend par Taux débiteur ou Taux Effectif Global (TEG), “le coût global réel supporté par l'emprunteur, y compris l'ensemble des charges prises toutes taxes comprises liées à l'étude du dossier, à l'assurance, aux divers frais et commissions, ainsi qu'aux charges connexes conditionnant la mise en place du prêt”. Le taux nominal, qui est l'intérêt net à payer sur la somme empruntée, représente en moyenne 73% du TEG.
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Au Cameroun, premier marché du crédit de la zone, les taux débiteurs moyens ont reculé à 8,26 %, contre 8,88 % un an auparavant. Des baisses significatives ont également été observées au Gabon, où les taux ont chuté à 16,45 %, et au Tchad, où ils se sont maintenus autour de 10,18 % hors engagements par signature. À l’inverse, les taux ont progressé en Guinée équatoriale (15,64% contre 10,71% en 2024) et en République du Congo (9,74% contre 9,1% en 2024), tandis qu’en RCA (15,35%), ils ont légèrement augmenté en glissement annuel malgré un fort repli sur le trimestre.
En dépit de ce reflux des taux, la distribution de nouveaux crédits a reculé. Le nombre de prêts accordés par les banques de la CEMAC a diminué de 7,7 % sur un an, à 237 116 dossiers au premier trimestre 2025, après un repli de 8,4 % par rapport au trimestre précédent. Le Cameroun concentre l’essentiel des nouveaux crédits, tandis que la Guinée équatoriale enregistre les volumes les plus faibles.
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Par type de clientèle, les taux appliqués aux particuliers ont nettement baissé, à 14,04 %, tandis que ceux des PME ont légèrement progressé sur un an, à 11,05 %. Les grandes entreprises bénéficient de conditions plus favorables, avec un taux moyen de 9,24 %, en recul sur un an.
Sur le plan des volumes, les crédits aux entreprises ont fortement progressé, atteignant 2 600,7 milliards FCFA, soit près de 83 % de l’enveloppe globale, tirés par une hausse marquée des financements aux grandes entreprises et aux PME. À l’inverse, les crédits aux particuliers et aux autres personnes morales ont reculé.
Enfin, la structure des financements reste dominée par les prêts de court terme, qui représentent plus de 85 % des nouveaux crédits, confirmant la faible profondeur du financement bancaire à moyen et long terme dans la sous-région.



