La Société Équatoriale des Mines (SEM), entreprise à capitaux publics, a procédé, le 30 avril dernier, à l’ouverture officielle de son troisième comptoir de collecte d’or et de diamant à Ndjolé, localité stratégique de la province du Moyen-Ogooué, traversée par la ligne équatoriale.
Dans son discours, le Directeur général de la SEM, Jude N’Gwa Emane, a rappelé que, conformément à l’article 3 du décret n°276/PR/MM du 2 juin 2024 fixant le régime des substances souveraines en République gabonaise, « l’or et le diamant d’origine artisanale sont désormais considérés comme des substances stratégiques, devant obligatoirement transiter par les circuits officiels, notamment les comptoirs de la SEM ». Cette disposition, a-t-il indiqué, vise à renforcer la transparence, la traçabilité et la souveraineté de l’État sur ses ressources naturelles, conformément aux orientations du Chef de l’État.
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Avec cette troisième ouverture, la SEM réaffirme son engagement à structurer, encadrer et professionnaliser la filière artisanale, tout en instaurant un partenariat durable et équitable avec les communautés locales et les acteurs du secteur minier artisanal. Cette nouvelle implantation vient s’ajouter aux comptoirs récemment ouverts à Makokou et Mitzic, illustrant la volonté de la SEM de déployer rapidement un maillage national efficace pour la collecte des substances précieuses. En l’espace de deux mois, trois comptoirs ont ainsi vu le jour dans le cadre du programme national impulsé. Le but à terme est « d’intégrer les productions d’or et de diamant dans le budget de l’Etat ».
D’après Brice Clotaire Oligui Nguema, le chef de l’Etat, il s’agit là d’une initiative visant entre autres « à renforcer le suivi de l’exploitation de ces ressources stratégiques et à garantir que les bénéfices de ces activités profitent directement aux populations ».
En outre, étant membre de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), le Gabon a l’obligation de publier les données relatives au secteur minier. Mais ce n’est pas toujours le cas. Ce n’est que récemment que les autorités du pays ont décidé de rendre public les contrats forestiers, pétroliers et miniers conformément aux exigences du Fonds monétaire international (FMI) et de l’ITIE. C’est dans cette veine qu’au mois d’août 2023, neuf contrats forestiers ont été rendus publics. Les autres contrats, passés dans les secteurs pétroliers et miniers, seront publiés « au fur et à mesure de la numérisation des différents documents », selon le ministère de l’Économie.
En 2023, les exportations d’or brut du Gabon ont diminué de manière significative, passant de 43,9 milliards de FCFA en 2022 à seulement 8,5 milliards de FCFA, selon les données du ministère de l’Économie. Cette baisse de 80,7 % révèle l'impact de la mise en service de la première raffinerie d’or du pays, la Raffinerie Gabonaise de l’Or (RGO), inaugurée le 2 juin 2023. En effet, la baisse des exportations d’or brut en 2023 suggère que le Gabon progresse vers ses objectifs de réduction des exportations de matières premières non transformées, conformément à sa stratégie de valorisation locale des ressources naturelles. Toutefois, la SEM indique que la production aurifère du Gabon reste modeste, s’élevant à seulement 2 tonnes par an, principalement issue du traitement de l’or alluvial.



