elite_capital-15-09-2026
Breaking News
Chargement des breaking news...
Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Business et EntreprisesEecomembre

Hausse du fret : pourquoi le Gicam rejette les mesures du gouvernement

Si la Décision du ministre des Finances induit des pertes de l'ordre de 12 à 15 milliards de FCFA par mois, le secteur privé évalue à 50 FCFA l'impact de la mesure sur le prix d'un sac de ciment. Les entreprises du Gicam maintiennent leur mot d'ordre de suspension des activités de production et d'importation des produits de consommation.

Publiée jeudi 25 novembre 2021 à 15:40:21Modifiée jeudi 2 décembre 2021 à 08:13:20Temps de lecture 9 minPar Cedrick JIONGO

gic
Jacques Jonathan Nyemb

Le Groupement inter patronal du Cameroun (Gicam) n’est pas du tout séduit par la décision du gouvernement réduisant le taux de fret à prendre en compte pour la détermination de la valeur en douane des marchandises importées par voie maritime. Pourtant, cette mesure prise par Louis Paul Motaze était une réponse aux préoccupations du secteur privé, frappé de plein fouet par la hausse des prix à l'importation (intrants et fret). D'après Alvine Mbono, la Directrice exécutive du Gicam, «la décision n'a aucun impact réel» sur la situation d'inflation qui frappe les entreprises. La décision de décote de 80% du coût du fret visait à infléchir les pertes enregistrées  depuis plusieurs mois par les entreprises (coût de production, fret, assurances). Mais également à éviter une augmentation mécanique des prix des produits et biens de consommation.

Lire aussi : Suspension des importations : le secteur des oléagineux se désolidarise du mot d’ordre du Gicam

Pour l'Etat, il s'agit d'une mesure « urgente pour nécessité de service dans un contexte d'augmentation inédite du coût du transport international des marchandises. Valable, d'après Louis Paul Motaze, jusqu'au 28 février 2022, soit un peu plus de trois mois de décote. Mesure renouvelable en cas de besoin, la décision du 16 novembre 2021 a suscité méfiance auprès du secteur privé. Toujours d'après Alvine Mbono, «le clinker connaît une augmentation de 97% sur le marché international. Vous couplez cette augmentation avec à la hausse du fret maritime qui est de 417%, vous avez des coûts qui, s'ils sont répercutés sur le sac de ciment, seraient de 1.500 FCFA de plus. La décision signée le 16 novembre 2021, s'il faut l'appliquer a juste un impact est de 50 FCFA».

Concernant le blé, la Directrice exécutive du Gicam fait observer que cette céréale a connu une augmentation de 70%, en plus de l'inflation du fret maritime. Pourtant, poursuit-elle, «le blé ne paie pas de frais de douanes depuis 2008. La décision n'a aucun impact sur le farine».

Alternatives

Le plafond de 80% de baisse sur le fret emporte une incidence significative pour les caisses de l'Etat. Un manque à gagner évalué entre 12 et 15 milliards de FCFA mensuellement, disent les fiscalistes du ministère des Finances. Équivalent à 36 à 45 milliards de FCFA par trimestre. Malgré cette dévalorisation, les entreprises membres du Gicam maintiennent la menace de suspension des activités de production et d'importation dès le 1er janvier 2022. «Les entreprises ont de la peine à avoir de la visibilité dans leurs trésorerie», justifie la Directrice exécutive du mouvement patronal. Le 1er octobre 2021, le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana avait reçu les doléances du secteur privé. Qui proposait à l'intention du gouvernement trois alternatives principales pour éviter une crise de la vie chère: une répercussion intégrale de la hausse des coûts de production sur le prix de vente ou le partage des charges entre l’Etat, les entreprises et les consommateurs.

Lire aussi : Fret maritime : le gouvernement autorise une décote de 80% sur les produits à l’importation

«Nous voulons préserver la paix sociale et maintenir le fragile équilibre industriel du Cameroun. C’est la raison pour laquelle j’en appelle au sens des responsabilités  des entreprises des consommateurs et populations. Nous reconnaissons que le pouvoir d'achat des camerounais est de plus en plus faible», indiquait Célestin Tawamba le Président du Gicam, à cette occasion. Avant la solution ultime d'une hausse des prix sur les denrées de consommation, le Gicam propose par ailleurs au gouvernement, un ajustement limité des prix de vente, des subventions partielles,  des allègements fiscaux (réduction du taux de Tva, allègement ou suspension de l’acompte dans certains secteurs, suspension des contrôles etc.), la suspension des taxes parafiscales et de certaines taxes portuaires, la réadaptation des appuis Covid-19 au secteur stratégique, la réactivation et/ou le maintien en 2022 des mesures exceptionnelles instaurées en 2021.

Lire aussi : Accès au financement des PMES : le Gicam regroupe les acteurs du secteur

Face à ces deux nouveaux développements, le bras de fer entre l'État et le secteur privé est désormais engagé. Une véritable course contre la montre avec en toile de fond, une hausse déjà perceptible de certains produits sur le marché : huile végétales, riz, poissons, et même des produits vivriers.

«Des mesures conséquentes restent attendues de la part du Gouvernement camerounais »

Membre du Conseil d’administration et Porte-Parole du Président du GICAM, Jacques Jonathan Nyemb évalue l’impact de la décision du gouvernement face aux alertes du secteur privé.

La décision signée le 16 novembre dernier par le MINFI répond -elle à la problématique soulevée par votre communiqué du 9 novembre courant ?

Le 09 novembre dernier, la concertation intervenue entre les chefs d’entreprises a mis en évidence la poursuite de la dérive inflationniste sur le coût du fret maritime et plus largement sur les prix des matières premières et des intrants. Cette dérive intervient alors que les entreprises subissent déjà les conséquences de la crise sécuritaire, une fiscalité inadaptée et une gestion administrative très contraignante des devises et des importations. Face à celle-ci et au terme de nos discussions, il est apparu indéniable que les ajustements internes opérés par les entreprises pour absorber les surcoûts ne suffisent plus. Alors, faute d’appliquer la vérité des prix en répercutant entièrement ces hausses sur leurs prix de vente, les entreprises de plusieurs filières vendent aujourd’hui à perte et ne pourront indéfiniment absorber de telles pertes. Nombre d’entre elles ne se donnent pas plus de 60 jours pour être « asphyxiées ». Telle est l’alerte qui a été donnée le 09 novembre dernier.

Et, face à ce péril imminent, s’il est vrai que le geste fait par le Gouvernement le 16 novembre dernier est appréciable, il n’en demeure pas moins que son impact reste très limité. Et pour cause, elle ne concerne que les droits de douane applicables au fret, alors que les surcoûts actuellement subis par les entreprises vont de 40 à plus de 90% sur les matières premières et intrants et de 400 à 500% sur le fret. Or, la mesure édictée ne permet d’absorber ces surcoûts qu’à hauteur d’environ 3% pour certains produits astreints au paiement des droits de douane à l’instar du ciment pour lequel l’impact serait de 50 francs par sac alors que les surcoûts en cause s’élèvent à 1500 francs CFA par sac. Pour les matières premières déjà exonérés de droits de douane comme le blé, l’impact de la mesure annoncée sur les coûts de production des produits dérivés (farine) est de 0%; c’est dire que le risque d’asphyxie reste réel et des mesures conséquentes sont attendues de la part du Gouvernement camerounais, comme cela a été le cas pour d’autres économies dans le monde.

Tous les secteurs d'activités sont-ils touchés de la même manière ?

Étant donné que la quasi-totalité des activités économiques de notre pays dépendent d’une façon ou d’une autre de l’extérieur pour des approvisionnements divers, c’est l’économie entière qui pâtit des effets de cette inflation importée. Bien entendu, certains secteurs sont plus exposés notamment les industriels qui s’approvisionnent pour l’essentiel à l’extérieur en intrants et en matières premières. Sont par exemple fortement concernées les industries de la cimenterie, les industries brassicoles, les industries meunières (farine), les industries métallurgiques (fer à béton), les industries oléagineuses (huiles végétales), les industries de la plasturgie et de la papeterie (emballages), les industries chimiques et phytosanitaires (engrais, produits de protection des plantes) ou encore certaines industries agro-alimentaires (biscuiteries, confiseries, …).

Que proposent les Entreprises à travers le GICAM finalement ?

Le GICAM plaide pour la tenue d’une concertation extraordinaire et de haut niveau entre le Gouvernement et le secteur privé pour se donner des chances de sortir le moins durement et le plus durablement possible de l’impasse actuelle. Une telle démarche permettra de manière inclusive, concertée et consensuelle, de définir et mettre en œuvre des mesures inédites pour absorber le choc, préserver l’emploi et la paix sociale mais surtout une fois pour toutes changer de paradigme et transformer notre pays.

D’ores et déjà, les solutions possibles à court terme, pour mutualiser les efforts à consentir pour la Nation par les pouvoirs publics, les entreprises et les populations, pourraient combiner la répercussion limitée des surcoûts sur les prix de vente, des allègements fiscaux (TVA, IS, Droits de Douanes) limités dans le temps, la suspension de certaines mesures et contrôles, la réactivation et/ou le maintien en 2022 de certaines mesures exceptionnelles instaurées en 2020 ou encore des mesures sectorielles spécifiques.

En tout état de cause, à l’heure où notre pays souhaite résolument s’engager dans la voie de l’industrialisation, ne rien faire ou faire a minima porterait un coup fatal aux acteurs industriels de notre pays. Or, ceux-là sont précisément ces champions nationaux capables de faire du « Made in Cameroon » une réalité concrète et porteuse dans notre pays.

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
La suite après cette publicité
ecomatin magazine n3

EcoMatin Magazine international est disponible
Pour lire ce numéro cliquez ici

  • Accueil
  • Business et Entreprises
  • Hausse du fret : pourquoi le Gicam rejette les mesures du gouvernement
Archive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

EpremiumSoftcareBusiness et EntreprisesSoftcare : le chiffre d'affaires africain bondit de 27,3 %, porté par les serviettes hygiéniquesLe fabricant de produits d’hygiène contrôlé par le chinois Sunda International a accru de 27,3 % ses revenus africains au premier semestre 2026. Déjà présent industriellement au Cameroun, au Ghana et au Kenya, Softcare prévoit désormais d’augmenter ses capacités de production et d’étendre sa présence aux pays voisins de ses principaux marchés.il y a 1 jourGabon FiberBusiness et EntreprisesTélécoms : Gabon Fiber veut lever 41 milliards FCFA sur les marchés financiersL'opérateur chargé d'exploiter et de développer le Backbone national veut mobiliser des financements dans un contexte où près de 70% de la population gabonaise utilise internet selon l’Union internationale des télécommunications (UIT). il y a 1 jourWhatsApp Image 2026-09-15 at 21.43.11Agro-industrieLe Groupe Castel choisit le Cameroun pour lancer FEROX, sa nouvelle marque de boissons énergisantesLe groupe Castel a choisi le Cameroun pour lancer FEROX Energy, sa nouvelle marque de boissons énergisantes appelée à être progressivement déployée sur le continent puis à l’international. Présent exceptionnellement à Douala ce 15 septembre pour le lancement, le directeur général du groupe, Gregory Clerc, veut positionner cette nouvelle offre sur un marché porté notamment par une population africaine jeune et de nouveaux modes de consommation.​il y a 1 jourJean Lobé Lobé et l'équipe Waspito recevant le chèque de 250 000 dollars sur la scène du LEAP 2026.Business et EntreprisesWaspito devient la première startup africaine à décrocher le Grand Prix LEAP Award 2026Waspito remporte le Grand Prix du LEAP 2026 ! Découvrez comment la startup e-santé du Cameroun s'impose comme leader de la tech en Afrique.il y a 3 joursEpremiumcomplexe agro alimentaireAgro-industrieCameroun : le pakistanais Sunrise Food veut implanter un complexe agroalimentaire à DoualaLe projet, actuellement soumis aux audiences publiques sur l’étude d’impact environnemental, s’inscrit dans un contexte de forte croissance du secteur agroalimentaire.il y a 3 joursEpremium764006169_17910542241443564_866641893604297299_nBusiness et EntreprisesTransport aérien: une troisième compagnie nigériane ouvre une desserte vers le CamerounSon arrivée devrait renforcer la concurrence sur une destination très prisée où Camair-Co, la compagnie publique camerounaise, reste actuellement absente.il y a 3 jours
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1CCA-Bank obtient le feu vert de Brazzaville pour s’implanter au Congoil y a 3 jours2Cameroun : le pakistanais Sunrise Food veut implanter un complexe agroalimentaire à Doualail y a 3 jours3Minerai de fer: un projet ferroviaire de 3 600 milliards FCFA annoncé entre la RCA et Kribiil y a 1 semaine4CEMAC : BGFI Holding lance sa deuxième augmentation de capital à 80 000 FCFA l’actionil y a 2 jours5Cameroun : l’ex-patron d’UBA Congo lance une microfinance au capital de 305 millions FCFAil y a 1 jour6Cameroun : plus de 50 financiers manifestent leurs intérêts pour le barrage de Kikotil y a 2 jours7Le mirage de l’or noir traditionnel : pourquoi la tontine n’a jamais rendu milliardaire au Cameroun ?il y a 23 heures8Transport aérien: une troisième compagnie nigériane ouvre une desserte vers le Camerounil y a 3 jours9Cameroun : la BID accorde une ligne de crédit de 95 millions d’euros à quatre banques pour soutenir les PMEil y a 2 jours10Énergie, routes, investissements… : au Cameroun, le patronat dresse un bilan préoccupant de l’économieil y a 6 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.