Au troisième trimestre 2024, le marché monétaire de la Communauté Economique et Monétaire d’Afrique centrale (Cemac) a connu une augmentation notable des financements accordés par la Banque des États de l'Afrique Centrale (Beac) aux établissements bancaires. Ainsi, l’encours moyen des avances de la Beac aux banques commerciales de la sous-région a progressé de 118,5 milliards de Fcfa (12,65%), passant de 936,8 milliards de Fcfa en juillet à 1 055,3 milliards de Fcfa en septembre. Cette hausse s'explique, selon la banque centrale, par l’augmentation du volume des injections nettes de liquidités, qui est passé de 855,8 milliards de Fcfa à 1 037 milliards de Fcfa en trois mois, soit une progression de 21,2%.
De fait, les banques commerciales ont renforcé leur recours aux financements de la Beac pour répondre à une demande accrue de crédits dans la sous-région. Ainsi, le volume des avances via l’opération principale d’injection de liquidités a bondi de 81%, atteignant 228,3 milliards de Fcfa durant la période sous-revue. Par ailleurs, les facilités de prêt marginal ont progressé de 2,6%. Cette dépendance accrue aux ressources de la Beac traduit les tensions persistantes sur la liquidité bancaire, dans un contexte où les établissements financiers intensifient leur soutien aux économies nationales.
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Cette dynamique se reflète dans la hausse des crédits accordés à l’économie, qui ont progressé de 10,6% sur la période, passant de 10 837,7 milliards de Fcfa à 11 983,9 milliards de Fcfa à fin septembre. Ce financement a principalement bénéficié au secteur privé non financier, notamment l’agro-industrie, les télécommunications et le commerce de gros, qui ont contribué à hauteur de 10,5 points à cette croissance. Le recours accru aux prêts de la BEAC illustre ainsi le rôle central du secteur bancaire dans le financement des économies de la Cemac, malgré un contexte marqué par le resserrement de la politique monétaire de la Beac.
Ces dernières années en effet, la banque centrale a adopté une politique plus restrictive en relevant ses principaux taux directeurs (5% pour le taux d'intérêt des appels d’offres et 6,75% est fixé pour celui de la facilité de prêt marginal) pour contenir l’inflation (4,5% en septembre 2024), tout en maintenant des mécanismes de refinancement pour garantir l’accès des banques aux ressources nécessaires. L’augmentation des prêts accordés aux banques commerciales au cours du troisième trimestre 2024 reflète cette stratégie d’accompagnement ciblé, destinée à soutenir le crédit à l’économie tout en veillant à ne pas accentuer les pressions inflationnistes.
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