Les Camerounais désirant immigrer au Canada devront désormais se former sur place avant de quitter éventuellement le pays. C’est l’approche qu'a défendu Marie-Claude Harvey, Haut-Commissaire du Canada au Cameroun, reçue en audience le 29 avril dernier par le ministre camerounais du commerce Luc Magloire Mbarga Atangana. Une rencontre qui, selon le ministre, pose les jalons d’une « approche nouvelle, débarrassée des travers d’une immigration désordonnée, décorrélée des réalités du marché du travail canadien, et des demandes de visas entachées de fraudes documentaires de plus en plus fréquentes. »
Concrètement, la rationalisation des flux migratoires camerounais vers le Canada passe par une formule adoptée par les deux parties : « former d’abord, migrer ensuite, et seulement si nécessaire ». L’idée directrice est d’ancrer la formation technique sur le territoire camerounais, dans des domaines précisément identifiés en fonction des besoins du marché du travail canadien. Ceci pour rectifier la tendance actuelle alors que « de nombreuses vagues de candidats à l’immigration arrivent au Canada sans offre d’emploi préalable, sans profil technique précis, en décalage manifeste avec les besoins réels du marché du travail canadien », a constaté la diplomate.
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L’enjeu pour les deux pays est de réduire considérablement des déplacements sans orientations et donc sans véritables bénéfices, entre chômage et pauvreté. Surtout qu’au premier semestre 2025, le Canada a accueilli 10 355 nouveaux résidents permanents de nationalité camerounaise, selon des données publiées par Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada (IRCC). Aujourd’hui, la communauté camerounaise représente 50% des francophones immigrés dans ce pays d’Amérique, un chiffre qui témoigne à la fois de « l’attractivité du Canada et du potentiel humain que recèle le Cameroun » a indiqué Marie-Claude Harvey. Le Haut-Commissariat du Canada entend ainsi proposer des formations dispensées au Cameroun, tout en contribuant au renforcement des capacités dans des filières porteuses pour le développement national.





