Au Cameroun, le ministère des Mines, de l'Industrie et du Développement technologique (Minmidt) a prononcé, mardi 30 juin, le retrait de 53 permis de recherche aurifère, frappant notamment la junior britannique BWA Group. « Dans la poursuite de l'assainissement du secteur aurifère, et sur orientation de la hiérarchie, les permis de recherche (…) valables pour l'or sont retirés pour non-conformité aux dispositions du Code minier », indique le document officiel publié par le ministère.
Concrètement, cette décision sanctionne le non-respect des obligations prévues par le Code minier et l'absence de progrès jugés satisfaisants dans les travaux d'exploration. La mesure concerne une trentaine de sociétés, camerounaises et étrangères, parmi lesquelles Sheng Hin Mining, Reservoir Minerals Cameroon, majoritairement détenue par Oriole Resources qui avait trois licences (Mana, Dogon et Sanga), Superland Mining et Aracari Gold Cameroon Ltd, filiale locale de BWA Group.
Le groupe britannique perd ainsi ses droits exclusifs sur les permis de Tcholliré Nord, Bandjoukri Ouest et Bandjoukri Centre, dans la région du Nord. Ces actifs constituaient le socle de sa stratégie aurifère au Cameroun. BWA Group avait récemment conclu un accord pour acquérir 70 % des intérêts de ce projet couvrant plus de 1 260 km² sur la ceinture de cisaillement de Tcholliré-Banyo, considérée comme l'une des zones aurifères les plus prometteuses du pays.
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Cette décision réduit à néant les ambitions aurifères de la société au Cameroun. BWA Group conserve toutefois ses cinq permis de recherche sur les sables minéraux lourds (rutile et ilménite), situés dans les régions du Sud et du Centre. Pour l'État, la libération simultanée de ces 53 blocs d'exploration permet de réintégrer d'importantes superficies dans le domaine public minier en vue d'une éventuelle réattribution.
Cette opération s'inscrit dans une réforme plus large du secteur minier camerounais, dont la contribution demeure inférieure à 1 % du PIB. Elle intervient quelques semaines après l'annonce de poursuites contre plus d'une centaine de sociétés opérant illégalement et le lancement d'une campagne de régularisation de plusieurs autres. Le gouvernement a accéléré cet assainissement à la suite des conclusions de l'Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), qui ont mis en évidence d'importants flux d'or exportés clandestinement vers Dubaï, privant l'État de recettes fiscales.
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