Le Cadre de concertation permanent des Trésors publics (CPC-TP) de la CEMAC, a tenu sa 13e session ordinaire du 03 au 06 mars 2025 à Libreville avec entre autres points à l’ordre du jour, la problématique de la faible profondeur du marché régional de la dette. Selon le communiqué final de cette plateforme qui regroupe les États, la Banque centrale, les régulateurs, les investisseurs et les intermédiaires, la capacité du marché des titres publics de répondre aux besoins de financement est aujourd’hui compromise par la « surexposition » des banques au risque souverain. Uniques investisseurs habilités à intervenir sur le marché primaire, les banques commerciales concentrent aujourd'hui plus de 70% de l'encours des dettes en OTA et BTA, ce qui réduit leurs capacités d'intervention sur les nouveaux emprunts au vu des contraintes prudentielles.
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Pour contourner cette contrainte, le CPC-TP a recommandé la mise en place de mesures visant à attirer d’autres catégories d’investisseurs sur le marché, dont les non-résidents. Les détails relatifs à cette suggestion n’ont pas été précisés, mais attirer les investisseurs étrangers pourrait constituer une réelle option de diversification des sources de financement. Mais cela devrait être accompagné d’un cadre réglementaire flexible pour le rapatriement des bénéfices tirés des investissements sur titres publics.
Une autre solution serait de dynamiser le marché secondaire, celui auquel ont accès les autres catégories d’investisseurs locaux. Le CPC-TP suggère de cibler particulièrement les caisses de retraite, les compagnies d'assurance et des caisses de prévoyance sociale. « En effet, les caisses de retraite disposent d'importantes réserves financières et pourraient jouer un rôle plus actif en orientant une part plus significative de leurs actifs vers l'achat des valeurs du Trésor. L'encouragement des caisses de retraite comme investisseurs sur le marché des valeurs du Trésor permettrait d'améliorer sa stabilité. Par ailleurs, il permettra d'assurer une meilleure rentabilité des placements des caisses de retraite, ce qui a un impact considérable sur la qualité de vie des retraités ».
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Précisons qu’à fin janvier 2025, le taux de souscription aux émissions a légèrement décru de 63,20 % à 60,28 %. Cela signifie que les pays de la région n’ont pu mobiliser que 60,98% de l’enveloppe qu’ils recherchaient sur la période en émettant des titres de créance (BTA et OTA). Bien plus, le coût moyen des ressources a grimpé à 7,70%, avec plusieurs pays qui ont été contraints d’offrir des taux de rendement à deux chiffres pour pouvoir lever de la dette.
Pour les États, cette situation crée un effet d'éviction au vu des contraintes nationales visant à modérer le ratio de solvabilité (service de la dette/recettes intérieures). La dynamique actuelle pourrait compromettre les objectifs de financement de leurs budgets dans un contexte marqué par le resserrement des conditions financières à l’international.









