Pour le compte de l’exercice 2025, le Trésor public gabonais projette de lever 977,5 milliards de Fcfa sur le marché des titres publics de la Beac (Banque des Etats de l’Afrique centrale), apprend-on du programme prévisionnel des émissions de titres publics du pays transféré à la banque centrale. Pour mobiliser cet argent, le pays utilisera les deux mécanismes de levée de fonds qui lui sont courants : les Obligations de Trésor Assimilables (OTA) et les Bons de Trésor Assimilables (BTA). Ces instruments lui permettront de lever 430 milliards de Fcfa et 547,5 milliards de Fcfa respectivement. Cette enveloppe est en hausse de 12,6 % comparée aux 854 milliards de Fcfa projetés en 2024.
De plus, la Direction générale de la comptabilité publique et du Trésor a rendu public le calendrier indicatif des émissions des titres publics du pays sur le 1er trimestre 2025. Il en ressort qu’entre janvier et mars, le Gabon sera à la recherche de 445 milliards de Fcfa ; soit un peu plus de 163 milliards de Fcfa en BTA et 282 milliards de Fcfa en OTA. Au cours dudit trimestre, les émissions d’obligations se feront via des OTA allant 2 à 5 ans, une émission de rachat et une émission de syndication domestique.
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Cependant, le pays fait face, comme ses voisins de la sous-région, à des défis sur le marché, exacerbés par un durcissement des conditions d'emprunt et un resserrement de la politique monétaire, orchestrés par la Banque centrale pour contenir l'inflation croissante. Cette nouvelle donne contraint le Gabon à s’arrimer, tout en relevant ses taux de rémunération sur ses opérations du marché. A en croire les statistiques mensuelles des valeurs du trésor de la Cemac à fin octobre 2024, le Gabon servait aux investisseurs des taux d’intérêt de 6,7 % sur les BTA, et pourtant, en juin 2018, le coût moyen global des opérations sur cet instrument était de 4,72 %. De même, son taux de rémunération des obligations du trésor affichait deux chiffres (8,94 %), contre un coût global du marché de 7,49 % à fin octobre 2024.
La révision par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac) des taux de pondération aux États qui va jusqu'à 100 % pour certains pays serait un frein pour l’atteinte des objectifs de financement du pays sur le marché régional. Car, cette mesure qui vise à dissuader les banques à prêter aux États compte tenu de leur forte exposition au risque souverain, pourrait compromettre l'exécution des budgets des pays de la Cemac, à moins que le régulateur ne décide de revenir sur sa décision. Selon les données officielles, l'exposition des banques au risque souverain (sur les prêts et titres) dans la région est passée de 10 % à fin 2015 à 31 % du total des actifs à fin 2023, ce qui menace la stabilité du système financier. Cette mesure n’est pas sans conséquence sur les levées de fonds Gabon. Alors que le pays recherchait le 04 janvier dernier une enveloppe de 15 milliards de Fcfa sur une BTA 13 semaines, celui-ci n’a que collecté un peu plus de 4 milliards de Fcfa.
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Quant au budget 2025 du pays, le gouvernement gabonais a équilibré en recettes et en dépenses une enveloppe de 4 204,9 milliards de Fcfa, en hausse de 42,9 milliards de Fcfa comparés aux 4 162 milliards de Fcfa arrêtées dans la loi de finances initiale 2024. Les recettes budgétaires nettes des recettes affectées aux tiers, qui comprennent les recettes du budget général et celles des comptes spéciaux, sont évaluées à la somme de 2 879,2 milliards de Fcfa, contre 2 729,7 milliards de Fcfa arrêtées dans la loi de finances initiale 2024 (+149,5 milliards de Fcfa). En parallèle, les dépenses budgétaires représentent un total de 2 794,5 milliards de Fcfa. Un accent particulier a été mis sur les dépenses de personnel, marquées par une hausse significative de 53,6 milliards Fcfa pour couvrir, entre autres, la régularisation administrative et les nouvelles embauches.



