Depuis plusieurs jours, les autorités centrafricaines ont officiellement lancé les travaux de déchargement et d’enlèvement des épaves le long du fleuve Oubangui. Une opération stratégique pour sécuriser et moderniser le transport fluvial depuis le Congo. Le fleuve Oubangui, artère vitale pour le commerce intérieur et régional, avait vu sa circulation entravée par des épaves de barges et des obstacles, limitant l’efficacité des échanges. La décision de lancer ce chantier s’inscrit dans la volonté du pays d’améliorer la fluidité des voies navigables et réduire les coûts logistiques des marchandises. Cette initiative répond également à une pression accrue du Fonds monétaire international (FMI), qui encourage la Centrafrique à acheminer ses produits pétroliers par le fleuve plutôt que par les routes, plus coûteuses et moins sûres.
Réduire le coût de l’importation des carburants
L’objectif, à terme, est de réduire le coût de l’importation des carburants pour faire baisser les prix à la pompe et soulager le budget des ménages centrafricains. Le projet bénéficie d’un financement substantiel de la Banque mondiale, qui a approuvé un prêt de 330 millions de dollars, soit environ 200 milliards Fcfa pour le Projet régional d’amélioration des corridors en Afrique centrale. Ce financement vise à renforcer l’efficacité du transport et du commerce, ainsi qu’à améliorer la résilience des infrastructures le long des corridors fluviaux entre la République centrafricaine et la République du Congo. Une partie de ce montant est spécifiquement allouée à l’assainissement du fleuve Oubangui, avec des travaux de déchargement et d’enlèvement des épaves.
En 2022, la République centrafricaine a importé pour près de 500 millions de dollars de marchandises, dont environ 80% transitent par le port de Douala au Cameroun. Cette dépendance massive est aggravée par des coûts logistiques élevés et des infrastructures routières souvent dégradées. Le projet fluvial vise à réduire cette dépendance en facilitant l’acheminement direct des marchandises vers la Centrafrique, notamment via le corridor fluvial Oubangui-Bangui. Le chantier va sécuriser les approvisionnements en carburant, diminuer le coût du transport et, in fine, contribuer à réduire le prix des produits pétroliers pour nos concitoyens. Une fois achevé, le projet devrait relancer le commerce le long de l’Oubangui, faciliter l’exportation des produits centrafricains et rationaliser l’importation des produits pétroliers depuis la République démocratique du Congo et le Congo-Brazzaville.
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Au-delà de l’impact économique immédiat, ce chantier s’inscrit dans une vision régionale : un fleuve Oubangui navigable favorise la coopération commerciale en Afrique centrale et renforce la connectivité entre la Centrafrique et ses voisins. Financé avec l’appui de partenaires internationaux et régionaux, le projet devrait également créer des emplois locaux et dynamiser l’économie des villes riveraines. Pour un pays qui cherche à stabiliser ses prix et soutenir ses ménages, le fleuve Oubangui pourrait devenir un levier stratégique pour la croissance, la sécurité énergétique et le pouvoir d’achat des Centrafricains.








