La Mission d’Aménagement et de Gestion des Zones Industrielles (MAGZI), bras séculier de l’État dans la mise en œuvre de sa politique de promotion industrielle, a lancé un avertissement clair aux entreprises implantées dans ses 10 zones industrielles, notamment à Yaoundé, Douala, Ombe, Garoua, Ngaoundéré ou encore Bafoussam. Dans un communiqué publié le 13 juin, le directeur général Christol Georges Manon a annoncé la résiliation systématique des baux pour toute entreprise accusant au moins 12 mois d’arriérés de loyer. « En raison de l’important volume d’arriérés locatifs qui hypothèquent gravement la réalisation des objectifs de performance de la MAGZI, il sera désormais procédé à la résiliation systématique des conventions de bail des entreprises ayant au moins deux semestres, soit douze mois, de factures locatives impayées », précise le communiqué.
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« Afin d'éviter les désagréments résultant de la résiliation de leur convention de bail, notamment la libération forcée des lieux occupés, tant de corps que de biens, il est demandé aux responsables des entreprises concernés de prendre toutes les dispositions nécessaires en vue d'apurer leurs engagements contractuels en apurant leur dette locative envers la Magzi». Cette décision intervient dans un contexte de détérioration financière de la MAGZI, principalement due à la hausse de ses charges d’exploitation. Selon la Commission technique de réhabilitation (CTR) des entreprises publiques, depuis près de trois ans, le chiffre d’affaires de la MAGZI est absorbé par ses dépenses courantes, générant un déficit de plus de 192 millions FCFA en 2022.
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Ce déséquilibre financier s’est traduit par une diminution sensible du budget d’entretien des infrastructures, qui a été réduit de 30 % par rapport aux années précédentes. En conséquence, plusieurs sites industriels ont connu un ralentissement des interventions techniques, affectant ainsi la qualité globale des services fournis. Par ailleurs, le solde net opérationnel de la MAGZI a baissé de 8 % entre 2021 et 2022, passant de 42 milliards à 38,6 milliards de francs CFA. Cette chute a rendu plus difficile le financement des dépenses essentielles telles que les salaires, l’énergie et la sécurité dans les zones sous gestion.
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La CTR recommandait ainsi à la MAGZI de moderniser son système de gestion et d’améliorer ses méthodes de recouvrement des recettes auprès des différents opérateurs installés sur ses sites industriels. Il faut noter qu’à compter de la date dudit communiqué, les responsables des entreprises concernées sont donc invités à régulariser leur situation au plus vite en s’acquittant des loyers dus. À défaut, ils encourent le risque d’une expulsion forcée accompagnée de la libération totale des lieux occupés, y compris celle des biens matériels entreposés. « La MAGZI reste toutefois ouverte au dialogue et encourage les entreprises en difficulté à entrer en contact pour étudier ensemble des solutions adaptées » peut-on lire.



