Aliko Dangote prévoit de consacrer un tiers de sa fortune à des œuvres caritatives. Le milliardaire nigérian a obtenu l'accord de ses héritiers pour cette disposition testamentaire, a révélé le 28 juillet sa fille Halima Dangote, administratrice de la Fondation Aliko Dangote, dans un entretien accordé à Bloomberg. « Il nous a demandé, à moi, à mes deux sœurs et à sa mère, de signer son testament stipulant qu'il pouvait léguer ces 33 % à l'humanité », a expliqué Halima Dangote. Selon elle, cette décision est conforme aux règles successorales islamiques. « La générosité fait partie intégrante de notre mission. Notre entreprise prospère grâce à cet engagement », a-t-elle ajouté.
Évaluée à environ 35,1 milliards de dollars par Bloomberg, la fortune du fondateur du groupe Dangote pourrait ainsi permettre d'orienter près de 11,6 milliards de dollars (environ 6 652 milliards de FCFA) vers des actions philanthropiques. Cet engagement viendra renforcer une structure déjà bien établie. Créée en 1994, la Fondation Aliko Dangote a reçu une dotation de 1,25 milliard de dollars il y a dix ans, complétée plus récemment par un apport supplémentaire de 700 millions de dollars, selon Halima Dangote.
La fondation consacre 70 % de ses ressources au Nigeria, 20 % au reste de l'Afrique et le solde à d'autres régions du monde. Parmi ses interventions figure notamment un don effectué en 2010 au Programme alimentaire mondial pour venir en aide aux populations touchées par les inondations au Pakistan. En Afrique, la fondation s'est également illustrée à travers plusieurs partenariats, notamment avec la Fondation Bill & Melinda Gates, contribuant à l'éradication de la poliomyélite sauvage au Nigeria, officiellement déclarée en 2020.
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Toutefois, l'engagement de léguer un tiers de son patrimoine demeure inférieur au seuil minimal de 50 % fixé par le Giving Pledge, l'initiative lancée aux États-Unis qui encourage les plus grandes fortunes mondiales à consacrer au moins la moitié de leur patrimoine à des causes philanthropiques. À ce jour, seuls quelques milliardaires africains ont rejoint cette initiative, parmi lesquels le Sud-Africain Patrice Motsepe, le Zimbabwéen Strive Masiyiwa et le Tanzanien Mohammed Dewji.
Pour Katja Schiller Nwator, fondatrice de l'institut de recherche Philanthropy Circuit à Lagos, le Giving Pledge ne constitue toutefois pas le seul indicateur de l'engagement philanthropique en Afrique. « Partout en Afrique, la philanthropie s'exprime souvent à travers les familles, les communautés, les institutions religieuses et, de plus en plus, les fondations », souligne-t-elle.








