Selon un communiqué de la présidence de la République de l'Angola publié sur Facebook, « la famille Bongo a été libérée et vient d’arriver à Luanda ». Ali Bongo, dont le clan a dirigé le Gabon pendant 55 ans, avait été renversé le 30 août 2023 par le général Brice Clotaire Oligui Nguema, élu en avril 2025 avec près de 95 % des suffrages.
Sa femme Sylvia, 62 ans, et son fils Noureddin, 33 ans, détenus pour détournement de fonds publics, avaient été libérés et placés sous résidence surveillée, selon plusieurs médias gabonais. L’annonce intervient après des discussions entre le président angolais João Lourenço et le général Oligui Nguema, sans que les détails en soient précisés.
Lire aussi : Présidentielle au Gabon : des économistes en lice pour remplacer Ali Bongo
Des photos diffusées par la présidence angolaise montrent l’ancien chef d’État accueilli à l’aéroport de Luanda. Alain‑Claude Bilie By Nze, principal rival du général Oligui, a salué la décision, estimant qu’elle « met fin à un abus de pouvoir ». « Le président Oligui Nguema n'a pas fait preuve de clémence : il a dû s'incliner face aux exigences internationales», a-t-il déclaré. Les avocats de Sylvia et Noureddin Bongo ont évoqué des sévices subis en détention.
Plusieurs députés de la transition ont critiqué le transfert, dénonçant une « honte » et s’interrogeant sur la souveraineté nationale, certains voyant dans cette libération le prix de la réintégration du Gabon à l’Union africaine, effective le 30 avril après 20 mois de suspension.
Lire aussi : Coup d’Etat au Gabon : des militaires affirment avoir renversé le President Ali Bongo
Âgé de 66 ans, Omar Bongo, dont l'état de santé serait précaire, était arrivé au pouvoir en 2009, succédant à son père, Omar Bongo Ondimba, qui avait régné pendant 41 ans. En 2016, il avait été réélu de justesse pour un second mandat avec quelques milliers de voix d'avance, battant le candidat de l'opposition Jean Ping après une campagne marquée par des affrontements sanglants et des accusations de fraude. Omar Bongo avait été victime d'un AVC en octobre 2018 lors d'une visite en Arabie Saoudite, suscitant des spéculations sur sa santé et sa capacité à gouverner à son retour au pays.
Ses apparitions publiques étaient rares, et les occasions où il s'exprimait en direct en dehors du palais présidentiel l'étaient encore plus. Omar Bongo a dirigé le Gabon durant 14 ans jusqu'à son renversement, quelques instants après avoir été proclamé vainqueur d'une élection présidentielle que l'armée et l'opposition avaient déclarée frauduleuse.
EcoMatin et AFP








