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Autoroute Yaoundé–Nsimalen : la phase 2 (12,3 km) voit son budget augmenter de plus de 50 milliards FCFA

Prévue pour démarrer en 2026, la construction de la phase 2 de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen a vu son coût grimper à 434 milliards FCFA. Cette infrastructure, censée désengorger Yaoundé, piétine depuis deux ans.

Publiée vendredi 4 juillet 2025 à 16:55:57Modifiée lundi 7 juillet 2025 à 13:20:38Temps de lecture 3 minPar Marius Zogo

pose de la première pierre de la phase 2 de l'autoroute Yaoundé-Nsimalen 

Initialement estimé à 379,5 milliards FCFA toutes taxes comprises (TTC), le coût prévisionnel des travaux de la phase 2 de l’autoroute Yaoundé-Nsimalen a été réévalué à 434 milliards FCFA. Soit une hausse de 54,5 milliards FCFA pour la réalisation de cette infrastructure longue de 12,3 km en 2×2 voies rapides et de 2×2 voies de contre-allées, allant de l’échangeur d’Ahala à la sous-préfecture de Tsinga, en passant par la poste centrale. Le nouveau coût prévisionnel de cette infrastructure, qui intègre des ouvrages et des passerelles piétonnes, est mentionné dans le Programme d’investissement prioritaire (PIP) annexé au Document d’orientation budgétaire (DOB), qui guide la préparation du budget de l’État. Par ailleurs, alors que le démarrage effectif des travaux était initialement prévu au plus tard en avril 2025, selon la ministre de l’Habitat et du Développement urbain, Célestine Ketcha Courtès, l’échéance est désormais repoussée à 2026. La livraison du projet, qui devait s’étaler sur trois ans, est désormais prévue pour 2030.

Contacté, le ministère de l’Habitat et du Développement urbain (Minhdu), maître d’ouvrage du projet, n’a pas souhaité commenter les raisons de la réévaluation du coût des travaux. Toutefois, plusieurs experts en infrastructures routières avancent différentes hypothèses pour expliquer cette hausse. Parmi les causes possibles figure la modification des spécifications techniques, telles que l’élargissement de la chaussée ou l’utilisation de matériaux de meilleure qualité. À cela s’ajoute l’anticipation par le gouvernement de la volatilité des prix des matériaux de construction (bitume, ciment, acier), sensibles aux fluctuations du marché international.

D’autres facteurs, comme les contraintes environnementales, les difficultés d’accès au site ou les conditions de travail complexes, peuvent également engendrer des dépenses imprévues. Enfin, la question des indemnisations peut également expliquer cette augmentation de l'enveloppe. Le président Paul Biya a signé le 23 avril un décret classant dans le domaine public artificiel les terrains nécessaires à la construction de la phase 2 de l’autoroute. Il s’agit de parcelles privées désormais déclarées d’utilité publique, entraînant l’expropriation et l’indemnisation de leurs propriétaires. Le décret couvre un corridor de 50 mètres de large sur 12 km, soit 50,8 hectares, situés dans le Mfoundi, incluant notamment Ahala, Nsam, Trois Statues, Olezoa, Warda et Tsinga. Cinquante titres fonciers sont concernés.

Soulignons tout de même que des sources rencontrées sur les lieux lors de la pose de la première pierre en décembre 2023 rassuraient que la nouvelle enveloppe (alors en hausse de plus de 103 milliards de Fcfa par rapport aux prévisions faites par le gouvernement en 2021) incluait les frais d’expropriation des riverains des sites de l’autoroute et d’autres indemnités. Près de deux ans après le lancement symbolique du chantier confié à l'entreprise camerounaise Buns et à l’entreprise française Razel, le début effectif des travaux reste attendu. Subdivisés en trois lots, ils seront financés par la banque camerounaise Afriland First Bank et la Banque publique d’investissement de France.

À l’origine du retard accusé sur le terrain, il est probable que les problèmes administratifs déplorés depuis plus d’un an n’ont pas trouvé d’avancées. Il s’agit notamment des problèmes administratifs liés aux indemnisations et au recasement des populations affectées par le projet. « Un site de recasement est en train d'être trouvé avec le concours du ministère du Cadastre et des Affaires foncières (Mindcaf) et de la Communauté urbaine de Yaoundé (CUY). Les entreprises sont mobilisées, mais ce sont ces préalables qui retardent le démarrage effectif », nous confiait une source au Minhdu en juillet 2024.

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