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Banque de sang : le Cameroun enregistre un déficit de 300 000 poches

Selon le programme national de transfusion sanguine, la demande annuelle de sang au Cameroun est estimée à 400 000 poches pour une offre qui atteint à peine 100 000. Une inquiétude pour les autorités sanitaires, les donneurs de sang et les bénéficiaires.

La problématique de l’approvisionnement en sang dans les structures sanitaires est une véritable difficulté au Cameroun. En effet, d’après les indicateurs du Programme national de transfusion sanguine (PNTS), même si le nombre de poches de sang collectées a largement évolué entre 2014 et 2018, quittant de 49 000 à un peu plus de 90 000, l’offre en produit sanguin reste largement en deçà de la demande.

En terme de chiffres, le besoin annuel de sang s’élève à 400 000 poches tandis que l’offre stagne à moins de 100 000 : « En 2018, seules 94 873 poches ont été collectées par 58 formations sanitaires publiques et privées sur l’ensemble du territoire. Soit un taux de couverture de 23,72% seulement », indique le PNTS.

Cette situation est alarmante, d’autant plus que la masse des donneurs bénévoles se raréfie et quelques fois des cas de maladie tournent au drame : « Malgré l’augmentation et la régularité des opérations de collecte de sang, les quantités collectées demeurent insuffisantes. Les populations, dans leur grande majorité restent réfractaires au don de sang », a précisé Dr Appolonie Noah Owona, secrétaire permanent du PNTS.

L’autre inquiétude est qu’au moins 90% des dons effectués dans les centres de transfusion sanguines proviennent des donneurs de compensation et ce type de donneurs présentent un risque élevé de transmission d’infection d’après le PNTS. Ghislaine Ateba, médecin biologiste en charge de ce service à l’hôpital Jamot indique à ce propos que « sur 50 poches de sang, il peut arriver qu’une vingtaine ne soient pas éligibles parce qu’infectées par différentes maladies ».

Une situation qui a conduit à l’élaboration de la « Stratégie de marketing social en faveur du don éthique du sang au Cameroun » visant à développer la culture du don de sang au sein des populations par les pouvoirs publics. A côté de cette stratégie créée en collaboration des établissements français du sang, les associations caritatives notamment le Cercle des amis du Cameroun (Cerac) fondé par la première dame Chantal Biya, multiplient les campagnes de collecte de sang. Des applications mettant en contact les hôpitaux en pénurie et ceux qui ne le sont pas, ont également été développées en 2018 par des start-ups camerounaises et ont facilité le transit de 2300 poches de sang à ce jour.

La Rédaction EcoMatin

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