Sur le plan économique, Bello Bouba Maïgari entend « mettre en œuvre un grand programme de redressement économique (…) qui visera à relancer la croissance économique et la transformation structurelle de l’économie ». L’épine dorsale de son plan qui, pour sa réalisation compte sur la mobilisation de 60 mille milliards de FCFA sur fonds propres de l’Etat, est constituée de la croissance, du développement des infrastructures, du renforcement du capital humain et de la gouvernance.
S’agissant premier pilier qui porte sur la croissance, l’opposant veut atteindre une croissance à deux chiffres en un mandat. Celle-ci sera portée par la création massive d’emplois. Ce qui, d’après lui, contribuera à l’amélioration des conditions de vie des populations, la réduction de la pauvreté et des inégalités.
Lire aussi : Présidentielle 2025 : le Grand Nord au cœur de la stratégie de campagne de Bello Bouba
La réalisation des infrastructures sera centrée sur la construction de nouvelles routes et la réhabilitation du linéaire existant. Outre les routes, les ports et les ponts, il s'engage également à poursuivre la construction d'ouvrages énergétiques afin d'améliorer la compétitivité du pays et de faciliter le commerce intérieur et extérieur. Pour l’ancien ministre des Transports, les barrages hydroélectriques sont essentiels pour stimuler l’industrialisation du pays.
A ce propos, la politique d'industrialisation proposée par le candidat de l’UNDP est adossée à la valorisation des matières premières locales à travers la création de zones industrielles et le renforcement des capacités techniques et financières des PME.
Accès à l'eau potable, électricité...
Pour le capital humain et les services sociaux, le président de l’UNDP envisage de mobiliser d’importants moyens pour la création et la modernisation des systèmes de santé et d’éducation adaptés aux besoins du monde professionnel ainsi que dans le développement du numérique. L’accès à l’eau potable et à l’électricité constitue également un des points de ce pilier.
Le volet gouvernance de son programme implique transparence, efficacité et redevabilité de l’action publique.
La lutte contre la corruption est au cœur des préoccupations économiques de Bello Bouba Maïgari. Son programme propose des réformes institutionnelles visant à assainir la gestion des finances publiques. Il entend renforcer le rôle des institutions de contrôle de l’action publique, rendre les marchés publics plus transparents et garantir la bonne utilisation des fonds de l'État. Selon lui, la corruption et le gaspillage de l'argent public constituent un frein majeur au développement du Cameroun. « Nous mènerons une lutte sans complaisance contre la corruption et les structures coûteuses et inefficaces, tout en modernisant nos institutions nécessaires pour une administration plus performante ».
Lire aussi : Stratégie : Maurice Kamto et Bello Bouba Maïgari se rencontrent pour un front commun de l'opposition
Le chiffrage de son programme à 60 000 milliards de FCFA sur la durée du septennat, un montant qui équivaut à plusieurs fois le budget annuel de l'État, soulève des questions sur la faisabilité et le financement. Pour le candidat, cet argent sera mobilisé selon une approche audacieuse et responsable sur des « ressources essentiellement internes ». Les services d’assiette ont mobilisé 4000 milliards de FCFA en 2024, tandis que, de l’avis du ministre des Finances, les emprunts du Cameroun au cours de l’exercice éponyme, ont totalisé 1 153,9 milliards de FCFA sur le marché des titres publics de la BEAC, soit une augmentation de 20,4 % par rapport à 2023.
Par ailleurs, des emprunts spécifiques ont été contractés, notamment pour un montant de 323,9 milliards de FCFA auprès de Citi Group en juillet pour réduire les restes à payer, et un emprunt de plus de 332 milliards de FCFA sur le marché international des capitaux a été mobilisé en juillet 2024. Difficile du coup d’avoir une lisibilité et une visibilité nettes sur les niches qu’entend exploiter le candidat de l’UNDP pour couvrir ce montant. Les plus optimistes estiment que la réalisation d'un tel programme nécessiterait une mobilisation exceptionnelle de ressources et une gouvernance rigoureuse pour éviter le gaspillage et la corruption. Bello Bouba Maïgari, 78 ans, fait valoir quant à lui on expérience passée au sein du gouvernement.



