La Bourse des valeurs mobilières d’Afrique centrale (BVMAC) a clôturé sa dernière séance de cotation hebdomadaire sur une note neutre. Selon le relevé de séance, 2 490 titres de créance de l’emprunt obligataire de l’État du Cameroun — « ECMR 6,25 % net 2022-2029 » — ont été placés à la vente, sans trouver preneur, malgré un détachement de coupon prévu le 15 octobre.
Ce désintérêt illustre la prudence des investisseurs, à la veille de l’élection présidentielle camerounaise du 12 octobre 2025, mais aussi une tendance structurelle de fond du marché sous-régional.
Depuis le début du mois d’octobre, les ordres de vente de titres camerounais stagnent dans les carnets des sociétés de bourse. À titre de comparaison, le 3 octobre, près de 9 800 obligations de l’État du Gabon avaient été vendues, représentant 96,88 % du volume proposé, pour un montant de 48,8 millions FCFA.
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Cette différence d’appétit n’est pas uniquement liée au contexte politique camerounais, mais reflète la faible liquidité chronique du marché de la CEMAC, marqué par une participation limitée des investisseurs institutionnels et un manque d’animation des sociétés de bourse. Les titres gabonais, légèrement décotés à 96,88 % du nominal, ont trouvé preneur, contrairement aux obligations camerounaises restées à 100 % du prix d’émission. Ce léger différentiel de valorisation a suffi à orienter les arbitrages en faveur des obligations gabonaises.
Malgré cette léthargie, le compartiment obligataire de la BVMAC devrait connaître un regain d’activité dans les prochains mois, avec trois nouvelles émissions en cours d’inscription : 11,99 millions d’obligations de l’État du Gabon issues de l’emprunt « EOG 2025 à tranches multiples », 3 208 600 titres de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC)dans le cadre de l’opération « SNPC 6,5 % NET 2024-2029 », et 900 255 obligations d’Alios Finance Cameroun à taux multiples de 6 % et 7 % sur la période 2025–2030. Ces nouvelles lignes devraient porter l’encours global du marché obligataire à environ 1 398,3 milliards FCFA, renforçant ainsi la profondeur et la liquidité du marché financier régional.

