Société Générale a encaissé 14,39 millions d'euros (environ 9,4 milliards de FCFA) de dividendes de sa filiale camerounaise en 2025, quelques mois avant de céder à l'État du Cameroun, en mai 2026, la totalité de sa participation de 58,08 %. Révélé dans le document d'enregistrement universel 2026 du groupe, ce chiffre illustre la rentabilité d'un actif dont Paris s'est pourtant séparé, dans le cadre de son désengagement de la banque de détail en Afrique.
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À fin 2025, Société Générale Cameroun affichait un produit net bancaire de 97,67 milliards de FCFA et un bénéfice de 21,69 milliards, pour 113,79 milliards de FCFA de capitaux propres hors capital. La maison mère valorisait sa participation de 58,08 % à 16,94 millions d'euros dans ses comptes. Rapporté au bénéfice de la banque camerounaise, le dividende remonté à Paris représente environ 43,5 % du résultat net. Compte tenu de la participation de 58,08 % détenue par Société Générale, cela laisse supposer une distribution totale de l'ordre de 16,3 milliards de FCFA à l'ensemble des actionnaires ; soit près des trois quarts du bénéfice 2025.
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La contribution camerounaise reste toutefois nettement inférieure à celle d'autres filiales africaines. Société Générale Côte d'Ivoire a versé 57,31 millions d'euros (près de 37,6 milliards de FCFA) de dividendes à la maison mère en 2025 ; quatre fois plus que le Cameroun. La filiale algérienne a, elle, remonté 55,92 millions d'euros (environ 36,7 milliards de FCFA). À l'échelle de Société Générale SA, les 14,39 millions d'euros reçus du Cameroun représentent environ 0,4 % des 3,39 milliards d'euros de dividendes encaissés en 2025 sur les titres de participation et autres titres détenus à long terme. Ces performances précèdent de quelques mois le retrait effectif du groupe. Dès ses comptes 2025, Société Générale avait classé SG Cameroun parmi les actifs destinés à être cédés - un traitement comptable réservé aux opérations dont la réalisation est jugée hautement probable - et indiquait que la vente de sa participation de 58,08 % pouvait intervenir en 2026, sous réserve des autorisations réglementaires.
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La cession a finalement été conclue en mai avec l'État camerounais, qui a porté sa participation à 83,68 % avant de rebaptiser l'établissement General Bank of Cameroon. L'opération a sorti du périmètre de consolidation de Société Générale 1,9 milliard d'euros d'actifs et 1,7 milliard d'euros de passifs, dont 1,5 milliard de dépôts. À l'échelle du groupe, l'impact reste limité, mais ces montants donnent la mesure de l'établissement laissé au Cameroun.
La filiale comptait encore 696 salariés à fin 2025. Dans son reporting pays, Société Générale attribue au Cameroun 149 millions d'euros de produit net bancaire et 37 millions d'euros de résultat avant impôt ; des données établies par pays d'implantation, dont le périmètre diffère des comptes sociaux de Société Générale Cameroun et n'est donc pas directement comparable au PNB de 97,67 milliards et au bénéfice de 21,69 milliards de FCFA publiés dans le tableau des filiales.
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Le départ du Cameroun constitue une étape supplémentaire dans le recentrage africain engagé par Société Générale depuis 2023. Le groupe a déjà cédé ses activités au Congo, au Tchad, au Mozambique, à Madagascar, au Burkina Faso, en Guinée, en Mauritanie et en Guinée équatoriale, tandis que le Maroc est sorti du périmètre en 2024. Il poursuit parallèlement la cession du Bénin/Togo et a engagé un examen stratégique de sa filiale au Ghana.
Le groupe ne prévoit toutefois pas de quitter totalement le continent. Il entend continuer à servir ses grands clients africains via ses activités de banque de financement et d'investissement, ainsi que les filiales qu'il conserve, notamment en Côte d'Ivoire et au Sénégal. À fin 2025, ses activités de banque de détail en Afrique subsaharienne représentaient encore 7,3 milliards d'euros de crédits, 8,5 milliards d'euros de dépôts, environ 3 900 salariés et 1,3 million de clients.



