La Banque internationale du Cameroun pour l'épargne et le crédit (BICEC), filiale du groupe marocain Banque Centrale Populaire (BCP), a dégagé un bénéfice net de 15,83 milliards de FCFA (environ 24 millions d'euros) en 2025, son meilleur résultat depuis son passage sous contrôle marocain en 2019, confirmant le redressement engagé après plusieurs années de restructuration.
Selon le rapport annuel du groupe BCP, le produit net bancaire de la filiale camerounaise a progressé de 5,2 %, porté par « une croissance de la marge d'intérêt et des commissions », tandis que le coût du risque s'est amélioré grâce à « une maîtrise renforcée des risques et à la poursuite des efforts de recouvrement », permettant au résultat net de progresser de 10,5 % sur un an.
Cette nouvelle performance prolonge une trajectoire de redressement rarement observée dans le secteur bancaire camerounais. Après une perte de 7,8 milliards de FCFA en 2020, la BICEC avait renoué avec les bénéfices dès 2021 (2,01 milliards), avant d'enchaîner 6,1 milliards en 2022, 12,29 milliards en 2023, 14,32 milliards en 2024 puis 15,83 milliards en 2025. En cinq exercices, son bénéfice annuel a ainsi été multiplié par près de huit.
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Avec ce résultat, la BICEC confirme son statut de première source de bénéfices du groupe BCP en Afrique centrale. Ses 15,8 milliards de FCFA dépassent largement le bénéfice de la Banque Populaire Maroco-Centrafricaine (BPMC) [comparaison à préciser avec la source : la BPMC est tombée en perte en 2025, la comparaison porte donc probablement sur son dernier exercice bénéficiaire, 2024], et surpassent également les performances enregistrées dans plusieurs autres filiales de la région. Le groupe explique que la banque a évolué dans « un environnement concurrentiel marqué par une forte pression sur les marges », tout en poursuivant « la consolidation de son modèle de croissance ».
Parallèlement, le groupe marocain prépare toujours l'élargissement de son dispositif au Cameroun. Constituée en 2023 avec un capital d'un milliard de FCFA, Atlantic Microfinance For Africa Cameroun (AMIFA), destinée au financement des très petites, petites et moyennes entreprises, n'a toujours pas démarré ses activités commerciales, dans l'attente de l'ensemble des autorisations réglementaires. Cette future filiale doit permettre à BCP d'étendre sa présence au segment de la microfinance, en complément de la BICEC dans la banque universelle.
Six ans après avoir repris les actifs camerounais de BPCE, le groupe marocain semble ainsi avoir achevé la phase de redressement financier de sa principale filiale d'Afrique centrale. Le prochain défi sera désormais de transformer cette rentabilité retrouvée en gains de parts de marché, dans un secteur bancaire où la concurrence s'intensifie année après année.



