En marge de la 4ᵉ Commission mixte de coopération, le 6 juillet, les ministères en charge des Transports du Tchad et de l'Égypte ont signé un mémorandum d'entente autorisant la desserte de N'Djamena par trois compagnies aériennes égyptiennes. L'accord prévoit l'intégration de deux opérateurs dédiés au transport de passagers, sans que leur identité exacte ne soit précisée, et d'un transporteur spécialisé dans le fret. Selon le communiqué officiel du gouvernement, cette démarche vise à « promouvoir une coopération aérienne dynamique, au service de la mobilité des personnes, du développement des échanges commerciaux et du renforcement des relations bilatérales ».
Sur le plan opérationnel, ce rapprochement intervient sur un marché aérien tchadien en pleine reconfiguration depuis le retrait d'Air France en 2025. Si le mémorandum ambitionne de réduire le coût des billets et d'améliorer la prise en charge des passagers en transit au Caire, il ouvre potentiellement la voie à EgyptAir, la compagnie nationale égyptienne, pour étendre ses opérations vers ce pays. Cette liaison cible un public bien identifié, notamment la diaspora étudiante tchadienne en Afrique du Nord. Le déploiement de ces nouveaux acteurs devrait permettre à N'Djamena de diversifier ses partenaires logistiques pour maintenir sa connectivité internationale.
Sur le plan macroéconomique, l'ouverture d'une ligne de fret aérien suggère une volonté de structurer des échanges commerciaux bilatéraux actuellement marginaux. Selon les données de l'Institut national de la statistique, des études économiques et démographiques (Inseed), l'Égypte ne figure pas parmi les principaux partenaires commerciaux du pays. Toutefois, certains observateurs estiment que la stratégie tchadienne, qui vise à attirer des investissements dans le secteur minier pour réduire sa dépendance aux hydrocarbures, pourrait théoriquement croiser les besoins en ressources extractives de l'industrie égyptienne. Les futures capacités de fret pourraient ainsi servir de corridor logistique à d'éventuels accords extractifs.
À l'échelle sous-régionale, cette signature consolide l'ancrage des transporteurs nord-africains en zone Cemac. L'arrivée anticipée d'opérateurs comme EgyptAir à N'Djamena viendrait densifier un réseau en Afrique centrale, où la compagnie dessert déjà le Cameroun.
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