Au Cameroun, la mise en place de la Caisse nationale des personnels de l’État (CNPE) se heurte à un obstacle de taille : le manque de prestataires qualifiés pour en réaliser les études de faisabilité. Dans une décision en date du 25 juin 2025, le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona, a déclaré infructueux l’appel d’offres lancé deux mois plus tôt, le 16 avril, en raison de la non-qualification des soumissionnaires.
Un nouvel appel d’offres devrait être relancé, mais ce contretemps risque de retarder davantage ce projet stratégique, annoncé par le Premier ministre devant l’Assemblée nationale, le 30 novembre 2023, dans le cadre de la présentation du programme économique, financier, social et culturel de l’État pour l’exercice 2024.
Le cahier des charges du prestataire comporte deux étapes. La première, préparatoire, inclut l’élaboration des termes de référence et l’organisation de réunions entre les principales parties prenantes. La seconde, axée sur l’exécution, prévoit le suivi des travaux du consultant, l’organisation d’un atelier tripartite de validation de l’étude, la rédaction du rapport final et sa transmission au Premier ministre. Le coût total de l’opération est estimé à 40 millions FCFA.
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Inspirée du modèle de la CNPS, la CNPE pourrait se voir confier des missions stratégiques en matière de gestion et de valorisation des pensions des fonctionnaires. Des experts estiment qu’elle pourrait également devenir un acteur clé du financement de l’économie, à l’image du Public Investment Corporation (PIC) sud-africain, qui gère les retraites des fonctionnaires et détient des participations dans de grands groupes comme MTN ou Tiger Brands.
Toutefois, la création de la CNPE suppose plusieurs préalables, notamment une étude démographique fine des agents publics (répartition par âge, sexe, situation familiale), l’évaluation des régimes actuels de retraite et d’assurance maladie, ainsi qu’un examen juridique du cadre réglementaire en vigueur. Pour le ministère du Travail, ce projet s’inscrit dans une réforme plus large du système de sécurité sociale, visant une gestion plus rigoureuse et optimale des ressources publiques.








