Au Cameroun, Corlay Cameroun S.A., filiale du groupe nigérian MRS Holdings Ltd, annonce que ses stations-service accepteront désormais les bouteilles de gaz expirées ou celles d’autres marques, en attendant la remise en service de ses propres bonbonnes. « Nous vous invitons par conséquent à prendre les bouteilles expirées ou les bouteilles des marques (Texaco rouges ou noires, MRS de couleur unique, Agip ou Shell) dans vos points de vente. Ces bouteilles seront rééprouvées et mises de nouveau en circulation », précise une circulaire datée du 22 septembre 2025 et signée par Amédée Assomo, Directeur général de Corlay Cameroun.
Cette initiative survient alors que plus de 5 000 bouteilles MRS sont en cours de recyclage pour garantir sécurité et continuité du service. Selon la direction de Corlay Cameroun, la mesure vise à éviter les ruptures dans ses stations et à consolider ses parts de marché dans un secteur dominé par Tradex, TotalEnergies Marketing Cameroun, OLA Energy ou encore Neptune Oil. Le marché camerounais du gaz de pétrole liquéfié (GPL) est particulièrement compétitif, stimulé par la croissance de la demande des ménages et les politiques publiques de promotion du gaz domestique.
Pour les consommateurs, l’acceptation des bouteilles d’autres opérateurs devrait limiter les tensions d’approvisionnement souvent observées lors des périodes de pointe. Du côté de la production nationale, le Cameroun a enregistré en 2024 un volume de 26 000 tonnes de GPL produits localement, largement en deçà de la consommation nationale estimée à plus de 150 000 tonnes par an. Le déficit est comblé par des importations stockées et distribuées via la Société nationale des hydrocarbures (SNH) et la Société camerounaise de dépôts pétroliers (SCDP), qui dispose d’une capacité de stockage d’environ 24 000 tonnes sur l’ensemble du territoire.
L’annonce de Corlay Cameroun s’inscrit dans un vaste plan de redéploiement de MRS sur le marché camerounais. Le 11 août dernier, Amédée Assomo confirmait la relance du réseau avec un objectif de 40 stations d’ici fin 2025, après plusieurs années de turbulences. Confrontée à une dette dépassant 60 milliards FCFA et à des contentieux financiers avec la SCDP, la SONARA, la CSPH ou encore Afriland First Bank, l’entreprise avait fortement réduit ses activités. La relance amorcée depuis juillet 2025 avec l’ouverture de la station Head Office Jamot à Douala vise à restaurer sa position sur un marché en pleine recomposition.










