Le président Cameroun, Paul Biya, a signé ce 22 juillet, une série de décrets dont un, qui habilite le ministre des Finances à signer au nom du pays de prêts d’un montant global de 616 milliards de Fcfa. Ce financement, recherché sur les marchés domestiques (280milliards) et internationaux (336 milliards), servira à financer divers projets de développement et à apurer des arriérés de paiement.
L'objectif de ces fonds est double : d'une part, ils permettront de lancer et de poursuivre des projets d'infrastructures pour le développement économique du Cameroun (Route, Énergies, services sociaux…), et d'autre part, ils contribueront à stabiliser les finances publiques en réduisant les arriérés de paiement.
Les ressources ainsi collectées à l’international seront destinées au service de la dette qui est projetée à 2 168,3 milliards de Fcfa cette année, en hausse de 480 milliards de Fcfa par rapport à la loi de finance initiale. Cette augmentation intègre le plan d’apurement des arriérés intérieurs que le pays vient d’adopter et qui constituait l’un des préalables à un décaissement du FMI dans le cadre du programme en cours. En effet, l’État a adopté un plan d’apurement de ses arriérés intérieurs, évalués à 671,7 milliards de Fcfa s’établé sur 7 ans.
Il faut dire qu’au premier trimestre 2024, l’encours des restes à payer s’est établit à 743,6 milliards de Fcfa soit une hausse considérable de 88,8% en glissement annuel. Cette hausse a été favorisée par la hausse de la dette en biens et services et « autres transferts » sur la période de mars à décembre 2023, passant respectivement de 46,3 milliards à 146,3 milliards et de 56,1 milliards à 177,5 milliards de Fcfa.
Pour éviter un accroissement de la dette publique (ressortie à plus de 13 000 milliards de Fcfa à fin juin 2024) et exposer les banques à d’éventuels risques, le gouvernement opte pour le paiement direct par les crédits budgétaires. Pour mémoire, l’État a apuré 741,6 milliards de Fcfa de sa dette intérieure au premier semestre 2024. Selon la Caisse autonome d’amortissement (CAA), ce chiffre représente 44,9% du service de 1 651,3 milliards de Fcfa prévus dans la loi d finances rectificative 2024.

