Après un exercice 2024 qui avait vu ses revenus d’exploitation stagner à 2,6 milliards de FCFA, la Mission d’Aménagement et de Gestion des Zones Industrielles (MAGZI) vient de connaître une performance haussière. Les travaux de la 15ᵉ session ordinaire du Conseil d’administration ont entériné, le 31 juillet dernier, des résultats en nette progression pour l’année 2025, matérialisant un chiffre d’affaires propre arrêté à 3 079 186 264 FCFA. Ce chiffre d’affaires avait été de 2,732 milliards FCFA en 2023 contre 2,883 milliards FCFA en 2022.
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Cette performance marque une hausse de 479 millions de FCFA en un an, soit une croissance de plus de 18,4 % d’un exercice à l’autre, réinjectant une vraie dynamique dans la trajectoire financière de l'entreprise publique.
Cette hausse de l’activité d'exploitation se traduit directement au niveau du résultat net, l'entreprise dégageant « un bénéfice net de 175,14 millions de FCFA en 2025 ». La reprise observée vient combler le creux constaté lors de l'année précédente, où les performances de la structure s’étaient inscrites en retrait par rapport au rythme moyen enregistré sur la période 2020-2025.
Redevances locatives et frais de gestion.
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Pour appréhender fidèlement ces états financiers, les analystes rappellent l'importance de ne pas commettre d'amalgames analytiques et de « distinguer ce montant des revenus issus de l'activité globale des zones industrielles ». En tant que bras séculier de l’État du Cameroun pour la promotion industrielle, la Magzi tire l'essentiel de ses ressources des « redevances locatives et frais de gestion ». En comparaison, le volume d’affaires global généré par l'ensemble des entreprises privées installées sur ses sites atteignait 6 695,8 milliards de FCFA en 2024. La comparaison directe entre ces deux grandeurs serait trompeuse, car elle confond les redevances locatives perçues par l'organisme public avec la valeur de production totale générée par les entreprises privées installées sur ses sites.
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Malgré cette amélioration budgétaire encourageante, l'organisme d'État n'en reste pas moins confronté à des obstacles opérationnels majeurs. La Magzi fait en effet face à des « contraintes structurelles liées au manque de financements pour la viabilisation des zones industrielles », un déficit de ressources lourdes qui freine l'aménagement des voiries, des réseaux d'eau et d'électricité sur ses extensions foncières.
Pour pérenniser la dynamique retrouvée en 2025, la direction générale mise sur la modernisation du recouvrement des créances et la recherche de nouveaux leviers de financement. La consolidation du « périmètre comptable nécessaire pour évaluer la situation financière de la structure » demeure la clef de voûte pour permettre à la Magzi d'assurer pleinement sa mission de développement industriel à travers le territoire national.
Batailles foncières
Outre ses difficultés budgétaires, l'histoire de la MAGZI est marquée par une bataille foncière permanente face aux occupations illégales. Depuis plusieurs décennies, le domaine industriel public fait l'objet d'empiètements répétés de la part de particuliers qui y érigent des habitations clandestines ou y développent des activités informelles sans aucun titre de propriété. Malgré les arrêtés d'incitation au déguerpissement, les campagnes de sensibilisation et l'intervention des autorités administratives, de nombreux occupants s'obstinent à maintenir leurs emprises, allant parfois jusqu'à engager de longues procédures judiciaires pour bloquer les procédures d'expulsion. Cette pression foncière bride le potentiel d'extension des parcelles réservées aux investisseurs industriels et alourdit considérablement les charges opérationnelles de l'organisme, contraint de sécuriser sans cesse son patrimoine.
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