Au Cameroun, la moitié des dépenses effectuées au titre des investissements publics profite à peine à l'économie. Dans son récent rapport pays, la Banque africaine de développement illustre cette situation en relevant que « le score d'efficience des investissements publics au Cameroun est de 50 %, impliquant un gap d'efficience des investissements publics de 50 %. Ce gap d'efficience de 50 % signifie que sur 100 dollars dépensés en investissements publics, 50 dollars sont gaspillés ou ne se sont pas traduits en capital productif ».
L’efficacité des ressources mobilisées pose également question, tant les résultats peinent à se concrétiser sur le terrain. La BAD fait remarquer que des cas problématiques persistent, avec notamment, six projets n’ayant pas abouti sur six tentatives dans les universités et neuf projets n’ayant pas abouti sur onze au sein de la Communauté urbaine de Douala. Par ailleurs, des lenteurs sont observées dans les procédures en cours, notamment dans les ministères, où « huit dossiers sur onze accusent des retards ».
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Pourtant, un même niveau de stock de capital public, le Cameroun pourrait donc améliorer les résultats de ses infrastructures jusqu'à 50 %, en s'alignant sur les « meilleures pratiques internationales » en matière de planification, de sélection et d'exécution des projets d'investissement. « Combler ce gap d’efficience générerait d’importants dividendes économiques et budgétaires, ce qui équivaudrait à augmenter les investissements dans les infrastructures sans requérir des ressources budgétaires supplémentaires », recommande l’institution panafricaine.
Cette alerte de la BAD intervient alors que le Budget d’investissement public (BIP) peine à atteindre la cible 40 % du budget prévue l’horizon 2030. En 2026, le BIP ne représente encore que 23,4 % de l’enveloppe globale de l’État du Cameroun, dont le budget total a été voté à 8 816,4 milliards FCFA en 2026. Le taux de croissance quant à lui, stagne à moins de 4% depuis des années. Aux rangs des contraintes, le gouvernement pour sa part reconnait entre autres : l’appropriation insuffisante des procédures de contractualisation, d’exécution et de suivi des projets par certaines Collectivités Territoriales décentralisées (CTD), le démarrage tardif de chantiers dont les contrats sont pourtant déjà notifiés, ainsi que l’abandon de plusieurs projets ».













