Le gouvernement camerounais prévoit 386,1 milliards FCFA pour mettre en œuvre la Politique nationale de la jeunesse (PNJ) 2025-2035. Ce montant a été révélé le 11 août à Yaoundé, lors d'une table ronde organisée par le ministère de la Jeunesse pour mobiliser des partenaires techniques et financiers. Si aucun engagement financier, ni même une promesse, n'a été formalisé à cette occasion, plusieurs institutions étaient représentées, parmi lesquelles l'Unesco, l'Unicef, l'OMS et le Pnud. Les fonds recherchés visent à répondre au défi de l'insertion professionnelle, alors que, selon le ministre de la Jeunesse et de l'Éducation civique, Mounouna Foutsou, « pour 80 % des jeunes, l'accès à l'emploi demeure une priorité ». Le ministre a par ailleurs indiqué que cette politique devrait entrer dans sa phase opérationnelle en 2026, dans le cadre de la Stratégie nationale de développement 2020-2030 (SND30).
Le membre du gouvernement définit la politique nationale de la jeunesse 2025-2035 comme est une « révolution paradigmatique à travers l'approche jeune ». Parmi les objectifs visés, il évoque la nécessité de mettre la jeunesse au centre des préoccupations de la nation, d'en faire un capital humain fort et des acteurs stratégiques pour le développement de l'économie camerounaise. La PNJ se déploiera à travers une « approche jeune » articulée autour de cinq axes stratégiques.
Le premier, consacré à l'éducation et la formation, concentre l'essentiel du budget avec 334 milliards FCFA, soit 86,51 % du total. Il vise à s'assurer que les formations débouchent sur de réelles capacités de production économique. Le deuxième axe, emploi et insertion, est évalué à 30,2 milliards FCFA (7,82 %) et doit faciliter l'accès des jeunes au monde professionnel, notamment dans les domaines agro-industriel et technologique. Vient ensuite le volet citoyenneté, doté de 3,5 milliards FCFA (0,91 %), destiné à faire du civisme et de l'éducation morale des leviers d'employabilité. L'axe résilience et bien-être, représentant 8,1 milliards FCFA (2,10 %), vise principalement à garantir l'inclusion sociale et à soutenir la santé reproductive. Enfin, l'axe gouvernance, doté de 10,3 milliards FCFA (2,67 %), doit permettre de structurer l'écosystème d'action grâce à un système d'information national.
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La mise en place de ce programme gouvernemental pourrait permettrait d’améliorer les chiffres disponibles en termes d’employabilité au Cameroun. Selon la Banque africaine de développement (BAD) dans son « Rapport pays 2025 », 62,0 % de la population était en âge de travailler en 2021 pour un taux d’emploi de 50,8 %, avec une répartition de 54,1 % en milieu rural et 48,6 % en milieu urbain. Toutefois, « le marché du travail demeure largement dominé par le secteur informel, qui représente 86,7 % des emplois : 52,0 % dans le secteur informel non agricole, et 34,7 % dans le secteur informel agricole », indique l’institution avant de préciser que la taille secteur informel, limite l’élargissement de l’assiette fiscale.
Par Ange Daïna Ngouégni (stagiaire)



