Un nouveau projet de cimenterie se dessine dans la périphérie de Yaoundé. Le ministère de l'Environnement, de la Protection de la nature et du Développement durable a annoncé la tenue, du 15 au 20 juin 2026, des audiences publiques relatives au projet de la société Capital Cement, également connue sous l'acronyme Socacem. Cette étape réglementaire marque l'entrée officielle de l'entreprise dans le processus d'obtention des autorisations nécessaires à l'exploitation d'une future unité de production de ciment à Mbankomo, dans le département de la Mefou-et-Akono.
L'émergence de ce nouvel acteur intervient dans un contexte où le marché camerounais du ciment continue d'afficher une demande soutenue, portée par les grands projets d'infrastructures, l'urbanisation et le dynamisme du secteur de la construction. Malgré l'arrivée de plusieurs opérateurs au cours de la dernière décennie, les besoins du marché restent régulièrement supérieurs aux capacités effectivement disponibles, alimentant des tensions ponctuelles sur l'approvisionnement dans certaines régions du pays.
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L'implantation envisagée à Mbankomo présente un avantage stratégique. Située aux portes de Yaoundé, la localité permettrait à l'entreprise de se rapprocher de l'un des principaux bassins de consommation du pays tout en facilitant la desserte des régions de l'intérieur. Les caractéristiques techniques du projet, notamment sa capacité de production et le montant de l'investissement envisagé, n'ont toutefois pas encore été rendues publiques.
Avant toute mise en œuvre, le projet devra franchir l'étape des consultations publiques organisées par les services du ministère de l'Environnement. Pendant six jours, les rapports d'étude d'impact environnemental et social ainsi que les registres d'observations seront mis à la disposition des populations à la chefferie de Binguela 1. Les riverains pourront y exprimer leurs préoccupations concernant les éventuelles nuisances liées à l'activité industrielle, notamment les émissions de poussière, le trafic des poids lourds, le bruit ou encore l'occupation des terres.
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Au-delà de son caractère réglementaire, cet exercice vise à mesurer l'acceptabilité sociale du projet et à identifier les engagements que le promoteur devra prendre en matière d'emplois locaux, d'infrastructures communautaires ou de protection de l'environnement. L'obtention du certificat de conformité environnementale, qui découlera de cette procédure, constitue un préalable indispensable à toute exploitation industrielle.
Si le projet obtient le feu vert des autorités, Socacem rejoindra un secteur devenu particulièrement concurrentiel. Le marché camerounais est aujourd'hui dominé par plusieurs producteurs, parmi lesquels Cimencam, Dangote Cement, Cimaf, Mira Company, Medcem et Cimpor. Dans cet environnement marqué par une intensification de la concurrence, le futur positionnement commercial du nouvel entrant ainsi que sa capacité à s'imposer dans les réseaux de distribution constitueront des enjeux déterminants pour la réussite du projet.
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