La fintech américaine Wave a fait son entrée au Cameroun avec l’ambition de redistribuer les cartes d’un marché du mobile money largement dominé par les opérateurs télécoms Orange et MTN. Agréée en juin 2025 par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), l’entreprise propose un modèle déjà éprouvé en Afrique de l’Ouest, fondé sur des coûts de transactions très faibles et une forte accessibilité des services financiers numériques. Dans un pays où Orange Money et MTN Mobile Money contrôlent plus de 90% des flux.
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Selon le top management de l’entreprise, le positionnement de Wave repose sur une stratégie de rupture tarifaire. La fintech annonce des dépôts et retraits gratuits, ainsi que des transferts facturés à un coût se rapprochant de 1% du montant envoyé, en plus du paiement sans frais des factures d’eau, d’électricité ou de télévision. Un choix assumé pour accélérer l’adoption de ses services dans un marché encore largement dominé par des commissions jugées élevées. « Wave propose déjà des services financiers numériques simples, conçus pour les besoins du quotidien : effectuer des dépôts, envoyer et recevoir de l’argent au Cameroun, mais aussi dans chaque pays de la CEMAC, retirer des fonds, payer des factures (eau, électricité, câble)… Notre spécificité repose sur trois éléments : la simplicité, la transparence et l’accessibilité », a expliqué Joël Ndjodo, Country Manager de Wave Cameroun dans une interview parue ce 16 juin dans le quotidien privé camerounais Le Jour.
Stratégie
Au-delà des prix, l’entreprise insiste sur une stratégie d’implantation progressive dans un environnement jugé complexe et concurrentiel. « Le Cameroun est un marché important, structuré, avec ses réalités propres », souligne Joël Ndjodo, justifiant un déploiement méthodique, basé sur l’analyse de l’écosystème local et la recherche de partenariats solides. « Notre déploiement exigeait des conditions préalables : identifier une partenaire solide, une vision à long terme et une volonté de co-construire avec les acteurs locaux. Nous avons donc choisi d’avancer méthodiquement plutôt que de nous précipiter ». Cette approche s’est matérialisée par une alliance avec la Commercial Bank Cameroun (CBC) et une intégration au réseau interbancaire régional GIMAC, qui permet d’envisager une interconnexion élargie des services de paiement en Afrique centrale.
26 773 milliards FCFA de transactions en 2024
Sur le plan macroéconomique, l’enjeu est considérable. Selon la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), le Cameroun concentre 65,1% des comptes mobile money de la CEMAC, soit 30,9 millions de comptes en 2024, pour 26 773 milliards FCFA de transactions. Dans cet environnement à forte intensité transactionnelle, Wave mise sur l’expérience utilisateur pour se différencier. « La valeur ajoutée de Wave réside dans une expérience client simple, transparente, accessible. Wave s’est construite autour d’une conviction forte : les services financiers doivent être faciles à utiliser, compréhensibles pour tous et adaptés aux réalités du quotidien », affirme son responsable.
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Dans un marché où la complexité perçue et les coûts restent des freins à l’usage massif des services financiers numériques, la fintech veut inscrire son modèle dans une logique d’inclusion financière à long terme. Avec une population jeune et un tissu entrepreneurial dense, le Cameroun représente un marché à fort potentiel dans la stratégie de l’entreprise américaine en Afrique centrale. « Notre objectif est de construire une présence durable au Cameroun. Sur les cinq prochaines années, notre ambition est de renforcer l’adoption de nos services, d’élargir notre accessibilité, de développer la proximité avec les utilisateurs et d’accompagner davantage les usages du quotidien : transferts, paiements, solution aux commerçants, services aux familles, inclusion des jeunes et des populations encore éloignées des services financiers formels », insiste Joël Ndjodo.

