La campagne électorale en vue du scrutin présidentiel s’est ouverte le 29 mars 2025 au Gabon. Elle se déroule conformément aux dispositions du nouveau Code électoral, qui fixe les grandes lignes du processus électoral, depuis les conditions d’éligibilité jusqu’à la proclamation des résultats. Ce texte révisé qui impose des règles strictes sur les conditions d’éligibilité, le financement des campagnes et l’usage des moyens publics, prévoit notamment que le ministère de l'Intérieur mette en place des commissions électorales consulaires au plus tard trente jours avant la date du vote.
S’agissant des conditions de candidature, le Code électoral stipule que tout prétendant à la présidence de la République doit notamment « avoir la nationalité gabonaise unique et exclusive ; être âgé(e) de 35 ans au moins et de 70 ans au plus ; être marié(e) à un(e) Gabonais(e) né(e) d’au moins un parent gabonais, lui-même né Gabonais ; avoir résidé au Gabon pendant au moins trois (3) ans sans discontinuité avant l’élection présidentielle… ».
La préparation, l’organisation et l’administration des élections relèvent du ministère de l’Intérieur. Le contrôle du processus est confié à l’Autorité de Contrôle des Élections et du Référendum (ACER), qui peut faire appel à des experts indépendants si nécessaire. Après chaque scrutin, l’ACER transmet un rapport aux plus hautes institutions de l’État.
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Pour être électeur, il faut être âgé(e) de 18 ans révolus, jouir de ses droits civils et politiques, être inscrit sur la liste électorale, résider au Gabon ou à l’étranger, et être en conformité avec la loi. Le Code prévoit également, à son article 46, la création d’un fichier électoral biométrique national.
30 millions de Fcfa de caution
L’un des points marquants du nouveau Code est l’instauration d’un cautionnement électoral de 30 millions de Fcfa pour les candidats à la présidence. Le texte prévoit un remboursement total pour ceux ayant obtenu au moins 50 % d’élus dans un scrutin à la proportionnelle, ou partiel (50 %) pour ceux ayant recueilli au moins 10 % des suffrages exprimés. Les autres cautionnements sont acquis au Trésor public, tout comme ceux non réclamés un an après la notification de l’avis de paiement.
En ce qui concerne la campagne elle-même, elle s’ouvre 14 jours avant le scrutin. L’article correspondant est sans équivoque : « Pendant la campagne électorale, l’utilisation des biens ou moyens publics aux fins de celle-ci est interdite, sous peine de sanctions pénales prévues par la présente loi organique. »
Plafonnement des dépenses
Autre innovation de taille : un plafond de dépenses est imposé à chaque candidat. Aucun ne peut engager plus de 10 milliards de Fcfa pour sa campagne au premier tour, et 5 milliards en cas de second tour. Ce plafonnement vise à limiter les déséquilibres financiers susceptibles d’entacher l’équité du scrutin. Contrairement à d’autres pays de la sous-région, comme le Cameroun où l’élection présidentielle se tient le dimanche, le Gabon a opté pour le samedi. Le scrutin se déroulera en une seule journée, de 7 h à 18 h. Les observateurs accrédités ont le droit d’assister à toutes les étapes du processus.
Après le vote
À la clôture du scrutin, le président du bureau de vote procède publiquement à l’ouverture de l’urne, en présence des autres membres et des représentants des candidats. « Les résultats sont immédiatement annoncés au public par le bureau de vote, qui remet séance tenante un exemplaire du procès-verbal au représentant de chaque candidat ou liste de candidats », précise le Code électoral. Le dépouillement est également public. Le président de la République est élu pour un mandat de sept ans, renouvelable une seule fois, « quelles que soient les éventuelles révisions de la Constitution ».
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