Le Trésor public du Gabon prévoit de lever 55 milliards de Fcfa à travers une émission par syndication domestique le 5 février 2025, selon le calendrier indicatif des émissions de titres publics pour le premier trimestre de l’année. Cette levée de fonds comprendra deux nouvelles émissions sous forme d’Obligations du Trésor Assimilables (OTA) à 3 ans de maturité (5,75 %) et à 4 ans de maturité (6 %), ainsi que des abondements sur des OTA existantes de 2, 3, 4, 5, 7 et 10 ans. D’après les informations consultées par EcoMatin, une partie des fonds recherchés, soit 30 milliards de Fcfa seront spécifiquement affectés au rachat de certaines OTA arrivant à échéance.
Un mécanisme éprouvé au sein de la Cemac
Introduite par la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) en novembre 2021, la syndication domestique permet aux États d’émettre des obligations via un syndicat constitué de Spécialistes en Valeurs du Trésor (SVT), avec un chef de file chargé de coordonner l’opération. Le Cameroun a été le premier pays de la Cemac à expérimenter cette méthode le 12 janvier 2022.
Selon les statistiques du marché des valeurs du Trésor d’octobre 2024, quatre pays de la sous-région ont mobilisé un total de 1 324 milliards de Fcfa via ce mécanisme. Il s’agit du Cameroun (452,8 milliards de Fcfa), du Congo (378,1 milliards de Fcfa), du Gabon (514,3 milliards de Fcfa) et de la République centrafricaine (75 milliards de Fcfa).
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L’émission par syndication domestique présente en effet plusieurs avantages pour le Gabon. Elle simplifie les procédures, car les conditions de l’opération (taux d’intérêt, maturité, montants à lever) sont négociées à l’avance avec les SVT. En outre, cette approche permet de mobiliser des montants significatifs en une seule opération et, dans certains cas, d'obtenir un taux d’intérêt unique, offrant ainsi une meilleure visibilité aux investisseurs et une gestion optimisée de la dette publique.
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Autant dire que pour le Gabon, l’opération annoncée constitue un défi important. Le pays se trouve en effet dans un contexte de fragilité budgétaire. L’agence de notation américaine Fitch Ratings a abaissé sa note d’émetteur en devises étrangères à long terme, la faisant passer de CCC+ à CCC. Cette nouvelle évaluation traduit une aggravation de la situation financière du pays, jugé de plus en plus risqué pour les investisseurs. En raison de graves pressions sur la liquidité, d’arriérés croissants et d’une dette publique en hausse, le Gabon peine à maintenir la confiance des marchés financiers et des investisseurs. Or, le pays dirigé par Oligui Nguema projette d'emprunter 1 208,4 milliards Fcfa auprès des créanciers extérieurs et intérieurs cette année, pour financer son déficit budgétaire et de trésorerie.









