Le chocolatier italien Industria Cioccolato e Affini Morbegno S.p.A. (ICAM) devient actionnaire de la Société congolaise de cacao (Sococa). Selon une annonce légale publiée le 7 août dernier, la transaction porte sur 50 % du capital de cette société au capital social de 100 millions de FCFA, soit 500 des 1 000 parts constitutives de l'actionnariat. L'entreprise dirigée par Giovanni Agostoni a repris l'intégralité des parts détenues jusque-là par Fabio Ottonello, investisseur italien implanté au Congo depuis deux décennies.
L'opération a été décidée lors d'une assemblée générale extraordinaire du 20 juillet 2026. Selon l'annonce consultée par EcoMatin, le conseil a également acté le transfert du siège social de Sococa du centre-ville de Pointe-Noire vers le quartier Mpita, sur la route de l'aéroport international. Il a par ailleurs approuvé la refonte des statuts de la société à responsabilité limitée, afin d'actualiser le cadre juridique de l'entreprise, dont la constitution s'est achevée en 2025.
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Le changement dans l'actionnariat intervient alors que Sococa porte un projet de développement de la cacaoculture dans le massif du Mayombe, à cheval entre l'arrière-pays de Pointe-Noire et la frontière avec l'enclave angolaise de Cabinda. Baptisé « Pilikoundi », ledit projet prévoit la constitution d'un pôle agro-industriel intégré sur une superficie annoncée de 6 688 hectares. Développé sous la coordination de la Chambre de commerce ItalAfrica Centrale et avec l'appui du ministère congolais de l'Agriculture, le projet Pilikoundi est évalué à 105 millions d'euros, soit près de 69 milliards de FCFA.
Toutefois, Sococa, qui se présente comme un « acteur congolais engagé dans la production de cacao biologique et l'agroforesterie », indique que ses plantations ne sont pas encore arrivées à maturité et que ses premières récoltes sont attendues dans les années à venir.
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Il convient de souligner que le Congo dispose d'environ 5 000 hectares de plantations de cacao recensées dans les bassins historiques de la Sangha, de la Likouala et de la Cuvette. Une étude publiée en 2025 sur la chaîne de valeur du cacao au Congo estimait la production nationale de 2024 à 5 204 tonnes. « La filière cacao est peu structurée et dépend encore largement des circuits commerciaux passant par le Cameroun et la RDC », déclarait la ministre de l'Économie forestière, Rosalie Matondo, en octobre 2025.
Pour ICAM S.p.A., l'opération congolaise s'inscrit dans une stratégie d'intégration plus large de la chaîne d'approvisionnement en cacao. Fondé en 1946, le groupe italien, spécialisé dans le chocolat et les produits semi-finis à base de cacao, revendique une présence commerciale dans 83 pays, avec 60 % de sa production exportée. Son empreinte africaine est particulièrement concentrée en Ouganda, où il emploie 186 personnes et sous-traite avec environ 8 000 cultivateurs. Par ailleurs, le groupe, qui indique avoir acheté plus de 30 500 tonnes de cacao en 2025, apparaît dans le top 15 des acheteurs du cacao origine Cameroun. Selon les données compilées par l'Office national du cacao et du café, ICAM S.p.A. a importé 1 228 tonnes de fèves camerounaises durant la campagne 2024/2025.
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