L’Algérie sera l’une des grandes attractions du 9e Salon international de l’artisanat du Cameroun (SIARC), qui s’ouvre ce 27 Juillet à Yaoundé, et qui se poursuivra jusqu’au 05 août. Désignée pays invité d’honneur de cette édition, la République algérienne démocratique et populaire entend profiter de cette plateforme pour présenter la richesse de son patrimoine artisanal, mais également partager son expérience dans la structuration d’un secteur devenu un véritable pourvoyeur d’emplois et de revenus. Le pavillon algérien accueillera une quinzaine d’artisans spécialisés dans plusieurs filières, parmi lesquelles figurent, notamment, la dinanderie (travail du cuivre), la bijouterie traditionnelle, le cosmétique artisanal, le travail du sable, la céramique d’art, la broderie, ainsi que la confection de tenues traditionnelles.
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Ces métiers illustrent la diversité d’un artisanat algérien qui combine préservation des traditions et adaptation aux exigences des marchés modernes. « Un salon de l’artisanat n’est pas un simple lieu de commerce. C’est un carrefour de rencontres, un espace de dialogue et de transmission », souligne la partie algérienne. À travers les objets exposés, « c’est l’âme de notre pays qui s’exprime », dans une démarche visant à favoriser la découverte mutuelle et le rapprochement entre les deux peuples.
Au-delà de son aspect culturel, qui va être longuement exposé dès l’ouverture de « la journée algérienne » le 28 juillet, il s’agira aussi de montrer comment l’artisanat représente un poids économique significatif en Algérie. Le secteur compte actuellement 470 266 artisans enregistrés, générant plus de 1,4 million d’emplois directs. Sa contribution au produit intérieur brut (PIB) algérien est estimée à environ 400 milliards de dinars, soit près de 3 milliards de dollars. La Chambre nationale de l’artisanat et des métiers (CNAM), qui assure la gestion du registre national de l’artisanat, ambitionne d’aller encore plus loin. L’institution vise un objectif de 700 000 artisans à l’horizon 2030 et la création de 2 millions d’emplois. Cette stratégie repose sur une double approche : préserver l’authenticité des produits artisanaux tout en améliorant leur compétitivité, notamment sur les marchés internationaux. Pour atteindre ces objectifs, l’Algérie mise également sur la modernisation du secteur. La CNAM a engagé un vaste chantier de numérisation avec la mise en place d’une carte d’artisan intégrant un QR code.
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Cet outil a vocation à permettre une meilleure traçabilité du parcours professionnel des artisans, une amélioration de la collecte des statistiques et une exploitation plus efficace des données par les différentes institutions publiques. La présence algérienne au SIARC 2026 pourrait constituer une source d’inspiration pour le Cameroun, dont le secteur artisanal reste dominé à 80% par l’informel, malgré son potentiel en matière d’emploi et de création de richesses. L’expérience algérienne met en lumière plusieurs leviers : la nécessité de mieux organiser les acteurs à travers des fichiers nationaux fiables, d’améliorer la formation professionnelle, de renforcer l’accès aux marchés et de favoriser la transformation des produits artisanaux en véritables marques commerciales. La modernisation engagée par Alger montre également qu’il est possible de concilier protection du patrimoine culturel et développement économique. Les produits artisanaux ne sont plus seulement considérés comme des objets traditionnels, mais comme des biens à forte valeur ajoutée pouvant contribuer aux exportations et au rayonnement international.
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La participation algérienne au SIARC intervient dans un contexte de rapprochement économique entre Yaoundé et Alger. Un accord de coopération dans le domaine de l’artisanat est en effet en négociation entre les deux pays. Le texte, qui devrait être finalisé en marge du salon, prévoit plusieurs axes de collaboration portant sur la promotion, le développement et la modernisation du secteur artisanal. Cette dynamique s’inscrit dans le renforcement plus global des relations économiques bilatérales. L’ouverture, en octobre 2023, de la liaison aérienne directe Alger-Douala par Air Algérie, avec quatre vols hebdomadaires, facilite depuis lors les déplacements, les échanges commerciaux et les contacts entre opérateurs économiques.
Une extension de cette desserte vers Yaoundé est également envisagée. La prochaine Commission mixte algéro-camerounaise de coopération devrait constituer une nouvelle étape dans cette relation. Une quinzaine d’accords sont annoncés dans plusieurs domaines stratégiques, notamment l’énergie, les mines, l’industrie, la pharmacie, l’investissement et le transport maritime. Un forum d’affaires réunira également les opérateurs économiques des deux pays autour des opportunités de partenariat. En définitive, au SIARC 2026, l’Algérie ne viendra donc pas seulement exposer ses produits artisanaux. Elle présentera aussi un modèle de structuration d’un secteur qui, lorsqu’il est accompagné par des politiques publiques adaptées, peut devenir un véritable moteur de croissance inclusive.











