Au premier trimestre 2025, la dynamique du crédit bancaire au Gabon a profité de manière quasi exclusive à BGFIBank. Selon le rapport de la BEAC sur l’évolution des taux débiteurs dans la CEMAC, les nouveaux crédits octroyés par l’établissement contrôlé par le groupe fondé par Henri-Claude Oyima se situent à plus de 543 milliards FCFA. Ce qui représente 71,29% de l’offre globale de nouveaux crédits au Gabon, contre 23,43% un an plus tôt. Rapportée aux montants distribués par l’ensemble du système bancaire, cette progression montre que BGFIBank a plus que triplé son offre de financement à l’économie gabonaise en douze mois.
Sur la période sous revue, les établissements de crédit installés au Gabon ont en effet octroyé une enveloppe globale de 761,9 milliards FCFA, contre 515,8 milliards FCFA au premier trimestre 2024, soit une hausse de 47,7% en valeur relative. Par rapport au quatrième trimestre 2024 (402,6 milliards FCFA), l’accélération est également marquée. Dans ce marché en expansion, BGFIBank a largement dominé ses concurrents, loin devant l’Union Gabonaise de Banque (7,32%), la Bicig (6,39%), Citibank (5,64%), Orbank (3,87%) ou encore Ecobank (3,23 %). Aucune autre banque n’ayant franchi le seuil de 10% de parts de marché.
Les grandes entreprises en tête des bénéficiaires
La dynamique du crédit a principalement bénéficié au tissu productif. Les PME et les grandes entreprises (GE) ont capté 79,9% du montant total des crédits distribués, soit 608,8 milliards FCFA, contre 518,8 milliards FCFA un an plus tôt, ce qui représente une progression de 17,4%. Les grandes entreprises demeurent les premières bénéficiaires, avec 453,8 milliards FCFA, correspondant à 59,6% de l’enveloppe globale. Les PME, segment stratégique pour la diversification économique, ont pour leur part reçu 154,9 milliards FCFA, soit 20,3% du total, contre seulement 40,5 milliards FCFA au premier trimestre 2024.
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Les autres segments affichent des évolutions contrastées. Les crédits aux administrations publiques et aux collectivités locales ont presque triplé, atteignant 93,2 milliards FCFA contre 33,0 milliards FCFA un an plus tôt, tandis que les concours aux particuliers ont légèrement reculé de 2,66%, à 55,3 milliards FCFA. Les autres personnes morales (hors PME et grandes entreprises) ont bénéficié de 4,7 milliards FCFA, contre 1,1 milliard FCFA un an auparavant. Dans l’ensemble, les nouveaux crédits sont restés majoritairement de court terme : 87,84% des prêts ont une maturité inférieure ou égale à 24 mois, contre 11,64% à moyen terme et seulement 0,51% à long terme, traduisant une prudence persistante des banques face au risque de maturité.
Relâchement modéré du coût du crédit
Cette expansion du crédit s’est opérée dans un contexte de relâchement modéré des contraintes financières pour le secteur privé. Les taux débiteurs moyens appliqués aux PME ont reculé à 11,69%, contre 15,83% un an plus tôt, tandis que ceux servis aux grandes entreprises se sont établis à 16,55%, en baisse par rapport à 17,41% au premier trimestre 2024. Les particuliers ont également bénéficié d’un allègement marqué du coût du crédit, avec un taux moyen ramené à 15,32%, contre 21,94% un an auparavant. À l’inverse, les administrations publiques ont vu leurs taux progresser à 9,00%, contre 8,43% un an plus tôt.

