Ce 13 août, le groupe Somdia a publié un communiqué officiel annonçant la signature d’un accord en vue de céder l’entièreté de sa participation de 82 % dans la Société sucrière du Cameroun, SOSUCAM. Le document révèle que les potentiels repreneurs se sont constitués en un consortium d’industriels et financiers camerounais.
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Plus précisément, derrière ce projet de reprise, on retrouve cinq acteurs camerounais aux profils non négligeables. Joseph Pagop Noupoué, avocat d’affaires, entrepreneur et investisseur, est notamment président du conseil d’administration de Savannah Energy Plc. À ses côtés, Henriette Noutchougouin, figure majeure de l’agro-industrie camerounaise. Elle dirige le groupe Noutchogouin Jean Samuel (NJS) leader du secteur avicole en Afrique centrale.
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Le consortium compte également William Nkontchou, banquier et financier, cofondateur de la Plate-forme d’investissement pour les institutions financières en Afrique (AFIIP) et Igor Djoukwé, ingénieur spécialiste des systèmes de production sucriers qui est doté d’une solide expérience acquise au sein de la Compagnie sucrière sénégalaise. Celui qui clôt ce listing c’est Marcel Tchagongom, expert-comptable et ancien associé principal chez Ernts&Young Cameroun, ancienne filiale du cabinet d’audit Londonien éponyme et membre du big 4.
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Bien que l’opération ne se soit pas encore finalisée et reste soumise à certaines conditions suspensives, les intéressés ont présenté au groupe français, un programme d’investissement de 210 millions d’euros, soit environ 138 milliards de FCFA. Ces fonds doivent principalement servir à moderniser l’outil agricole et industriel, développer l’appareil de production et étendre l’irrigation du domaine agricole. Le consortium veut également améliorer les performances opérationnelles, mieux valoriser les coproduits, préserver les emplois et renforcer la production sucrière nationale.
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Il tient de souligner que si la transaction est validée, les repreneurs vont hériter d’une SOSUCAM qui fait face à plusieurs défis structurels : un appareil productif qui fonctionne en dessous de son potentiel, des équipements vieillissants, les aléas climatiques, des difficultés financières et des tensions sociales qui ont parfois perturbé la production entraînant des pertes de plus de 5 milliards FCFA en 2025.
La Susucam en bref
La Société sucrière du Cameroun emploie près de 9 000 personnes, pour une capacité de production d'environ 130 000 tonnes de sucre par an. L'entreprise génère un chiffre d'affaires d'environ 65 milliards d FCFA et reverse en moyenne 12 milliards de FCFA par an à l'État camerounais en impôts et taxes. Sosucam créée en 1965, exploite 25 000 hectares de plantations réparties sur trois sites (Mbandjock, Nkoteng, Lembe-Yezoum), et a inauguré au premier semestre à Mbandjock, une nouvelle unité de production de sucre en morceaux pour 2,5 milliards de FCFA.
Mais ce géant agroindustriel traverse des difficultés financières ces dernières années. L’entreprise a enregistré des pertes de 15 milliards de FCFA en 2023, puis 22 milliards de FCFA en 2024, malgré une recapitalisation de 34 milliards de FCFA. Ces pertes s'expliquent notamment par la contrebande de sucre, qui a provoqué une chute de 25 % des ventes aux ménages sur les dix premiers mois de 2024, privant l'État de 3,1 milliards de FCFA de recettes.
Par ailleurs, la stratégie africaine du groupe Castel/Somdia semble se réorienter. En effet, après un retrait du secteur de la minoterie au Gabon finalisé en mars 2025, le groupe mise désormais sur l'Afrique de l'Ouest, avec un programme d'investissement de 173,8 millions de dollars sur cinq ans en Côte d'Ivoire, via sa filiale la Sucrerie africaine de Côte d'Ivoire.
Pour sa part, le gouvernement camerounais, par la voix de son Premier ministre Joseph Dion Ngute, a pris acte du retrait de Somdia du Cameroun tout en insistant sur la nécessité d'une transition organisée pour préserver les emplois et le marché du sucre. Une position que partage Gregory Clerc, CEO du groupe Castel, qui dans un récente interview accordée à EcoMatin, affirme vouloir construire une solution « positive, pérenne et équilibrée » pour préparer la prochaine campagne sucrière.






