Le Trésor public tchadien retourne sur le marché des titres publics de la BEAC avec une opération de 96 milliards FCFA à mobiliser le 12 août 2026. L’émission, qui combine un BTA à 52 semaines et six OTA de 2 à 7 ans, intervient alors que les deux précédentes opérations du pays n’avaient pas permis de couvrir intégralement les montants recherchés.
Dans le détail, le Tchad met en adjudication un BTA à 52 semaines d’un montant de 10 milliards FCFA, assorti d’un rendement dont le taux sera déterminé lors de l’adjudication. Le reste de l’enveloppe, soit 86 milliards FCFA, sera recherché à travers six Obligations du Trésor Assimilables. Le Tchad propose 10 milliards FCFA sur deux ans à un coupon annuel de 5,25 %, puis 14 milliards sur chacune des maturités de 3, 4, 5, 6 et 7 ans. Les coupons progressent avec la durée, passant de 5,75 % sur trois ans à 7 % sur sept ans.
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Cette structure traduit une volonté de diversifier les sources de financement tout en allongeant la maturité de la dette domestique. L’opération intervient surtout après deux adjudications récentes aux résultats mitigés. Lors de sa dernière émission, le Tchad avait annoncé 10 milliards FCFA sur une OTA à trois ans au taux de 4,50 %. Les investisseurs n’avaient proposé que 7,8 milliards, soit un taux de couverture de 78,06 %. Sur une précédente OTA à deux ans (7 août 2026), également annoncée pour 10 milliards FCFA, les soumissions avaient atteint 7,26 milliards FCFA, soit un taux de couverture de 72,66 %.
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Ces deux opérations montrent que le pays de Mahamat Deby parvient difficilement à mobiliser l’ensemble des montants qu’il sollicite auprès des investisseurs régionaux. Cependant, le recours au marché régional demeure incontournable pour répondre aux besoins de financement du budget tchadien. La loi de finances 2026 prévoit des dépenses de 2 531,5 milliards de FCFA pour des ressources estimées à 2 275 milliards, faisant apparaître un déficit de 256,5 milliards de FCFA. Pour satisfaire ce besoin, le gouvernement prévoit de recourir davantage aux émissions de titres publics alors que le marché financier devient de plus en plus restreint.
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En effet, la lecture des récentes données de la BEAC sur les émissions des pays de la CEMAC laisse entrevoir que le marché des titres publics est marqué par une pression croissante sur la liquidité disponible pour financer les États, alors même que le système bancaire (principal détenteur des titres publics) conserve une trésorerie globalement excédentaire, estimée à de 7 643 milliards de FCFA à fin décembre 2025.
Selon la BEAC, le Tchad a mobilisé 1 145,5 milliards FCFA sur le marché des titres publics depuis son lancement en novembre 2011. Une enveloppe qui représente 11,4% de l’encours global des titres publics en circulation dans la CEMAC à fin mai 2026.
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