Le ministère gabonais de l'Économie, des Finances, de la Dette et des Participations, Chargé de la Lutte contre la Vie Chère, a diffusé le 20 dernier un communiqué adressé à « toutes les entreprises publiques (sociétés d'État et sociétés à participation financière publique) », pour fournir les documents financiers nécessaires pour une opération d’audit comptable en cours. Parmi les documents exigés par ce département ministériel piloté par Henri-Claude Oyima, il est demandé : les procès-verbaux des conseils d'administration des années 2022-2023 et 2024 ; les procès-verbaux des assemblées Générales des années 2022-2023 et 2024 ; les états financiers (bilan, comptes d'exploitation) ; les rapports sur le contrôle interne des Commissaires aux comptes (CAC) conformément aux articles 438 et 715 de l'OHADA des années 2022-2023 et 2024 ; les rapports des CAC des années 2022-2023 et 2024 ; les quittances de paiement des dividendes de l'État.
Enfin, il est demandé de transmettre la Direction générale des participations (DGPAR), la documentation relative à la gouvernance (les statuts, le registre du commerce et du crédit mobilier, la liste des actionnaires, la liste des administrateurs, les noms des dirigeants, les procès-verbaux de nominations des dirigeants, les pactes d'actionnaires). « Tout contrevenant à cette obligation s'expose à l'application stricte des dispositions en vigueur », prévient le ministère de l’Économie.
Au regard des documents exigés par le ministère de l’Économie, il est désormais clair que l’État gabonais veut identifier les risques et anomalies dans les comptes annuels des entreprises publiques gabonaises. Il s'agit ici d'analyser les procédures de contrôle interne de l'entreprise pour évaluer leur efficacité et identifier les faiblesses.
Selon le Fonds monétaire international (FMI), le Gabon compte 27 entreprises publiques en 2024, dont la majorité ne publie ni états financiers, ni rapports d’activité réguliers. Face à cette situation, le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, a annoncé en 2024, une réforme d’envergure à travers la mise en place d’une loi sur la gouvernance des entreprises publiques. Ce qui devrait permettre d’instaurer une culture de la performance, le renforcement des mécanismes de contrôle, la publication régulière des états financiers et les sanctions contre les dérives.
En outre, il est envisagé la nomination des dirigeants sur des critères de compétence et non d’appartenance politique ou de soutien politique. Sur ce dernier point, le nouveau chef de l’Etat a innové lors de la nomination du directeur général des Douanes, Hugues Modeste Odjangou, sur appel à candidatures. Ce qui relevait de l’inédit au Gabon.
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