La compagnie indépendante norvégienne Panoro Energy, cotée à Oslo, ouvre le capital du bloc pétrolier offshore EG-01, situé au large de la Guinée équatoriale. Dans une note de mise à jour opérationnelle publiée le 6 août, l'opérateur annonce rechercher activement des investisseurs pour accélérer le développement de cet actif encore à un stade précoce. « Le processus d'amodiation (farm-out) est lancé et en cours pour le bloc EG-01, dont Panoro est l'opérateur avec 80 % des parts, et suscite un bon niveau d'intérêt », souligne le document.
Cette décision vise à partager les coûts et les risques liés à la prochaine phase d'exploration. Initialement entré sur ce permis en février 2023 avec une participation de 56 %, Panoro en est devenu l'actionnaire ultra-majoritaire (80 %) suite au départ de Kosmos Energy, le solde étant détenu par la compagnie nationale GEPetrol. Situé par des profondeurs d'eau allant de 30 à 500 mètres, le bloc a déjà fait l'objet d'études sismiques 3D validant son potentiel géologique. À l'issue de cette première phase de trois ans, les partenaires devront s'engager sur une période supplémentaire de deux ans impliquant le forage d’un puits d'exploration. En cédant tout ou, en partie de ses parts à travers une coentreprise, Panoro cherche à financer cette étape cruciale sur un périmètre géologique très prometteur, analogue au bloc adjacent G où plus d'un milliard de barils ont été découverts.
Lire aussi : Panoro Energy renonce à un projet pétrolier en Guinée équatoriale après un forage infructueux
Pour Panoro Energy, il s'agit d'un levier financier classique permettant de consolider son ancrage régional tout en allégeant considérablement ses dépenses d'investissement (Capex) et son exposition au risque d'exploration. Quant à l'État équato-guinéen, la monétisation et le développement rapide de ce gisement dormant sont une urgence macroéconomique. Le pays, dont les recettes dépendent massivement des hydrocarbures, fait face à une érosion continue de ses rendements en raison du vieillissement de ses champs matures.
Selon un récent rapport de l'OPEP, la production nationale est d'ailleurs passée sous la barre des 50 000 barils par jour.
La réussite de ce développement conforterait le nouveau statut de la Guinée équatoriale au sein du portefeuille de Panoro. Historiquement devancée par le Gabon, Malabo est devenue au premier semestre 2026 le principal moteur de croissance de l'entreprise norvégienne. Stimulée par le rachat des parts de Kosmos sur le bloc G, la production équato-guinéenne du groupe a presque triplé en un an, bondissant de 3 397 barils par jour (b/j) au premier semestre 2025 à 9 089 b/j en 2026. Elle supplante largement le Gabon (en repli à 4 589 b/j contre 6 587 b/j un an plus tôt) et la Tunisie (stable à 1 513 b/j). Avec une production globale établie à 15 191 b/j sur le semestre, la Guinée équatoriale représente désormais près de 59,8 % des volumes extraits par Panoro.



