La Guinée équatoriale veut élargir son filet fiscal aux géants du numérique. Le gouvernement a demandé, le 8 aout dernier, l’ouverture de discussions avec le groupe américain Meta, propriétaire de Facebook, Instagram et WhatsApp, afin que celui-ci contribue davantage aux recettes de l’État pour les activités générées par ses plateformes dans le pays. Selon sa communication, l’exécutif estime que Meta a développé une activité en Guinée équatoriale « sans redonner à l’État ».
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« Les ministères des Transports et des Finances engageront des discussions avec l’entreprise afin de parvenir à un accord permettant à l’Etat équatoguinéen de percevoir les redevances qui lui sont dues pour l’utilisation de Meta dans le pays », déclare le Vice-président équatoguinéen Teodoro Nguema Obiang Mangue. À ce stade, Malabo n’a annoncé ni taux d’imposition, ni calendrier de mise en œuvre. Il s’agit donc pour l’instant d’une volonté politique d’obtenir une contribution du groupe et d’identifier le mécanisme juridique et fiscal permettant de la percevoir. La commission de travail mise en place devra de fait négocier avec l’entreprise américaine, afin de déterminer les modalités d’une éventuelle rémunération.
L’enjeu économique n’est toutefois pas négligeable quand on sait que la Guinée équatoriale compte environ 1,18 million d’internautes à fin 2025. Selon les données de NapoleonCat issues des API marketing des plateformes sociales, Facebook compte 230 800 utilisateurs géolocalisés en République de Guinée équatoriale en août 2026, soit environ 14% de la population du pays, contre environ 65 200 utilisateurs pour Instagram.
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La démarche de Malabo intervient surtout dans un contexte de réforme de la fiscalité nationale. La nouvelle loi fiscale équato-guinéenne adoptée en 2025 vise à élargir l’assiette fiscale et prévoit notamment l’intégration des services liés au commerce électronique dans le champ de la TVA. Celle-ci prévoit par ailleurs une TVA standard de 15%, tandis qu’une taxe de 10% devrait être prélevée des revenus tirés en Guinée équatoriale par les fournisseurs de services numériques et de télécommunications. Cependant le défi demeure dans la capacité du pays à imposer ses règles fiscales à une plateforme étrangère comme Meta, dont les services (pour la plupart non payants, Ndlr) sont consommés localement mais dont l’entreprise ne repose pas sur une implantation physique comparable à celle d’un opérateur traditionnel.
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Pour rappel, plusieurs pays africains ont entrepris de faire contribuer les entreprises numériques étrangères aux recettes publiques. Le Kenya, par exemple, a remplacé en 2024 sa taxe sur les services numériques de 1,5% par un régime de présence économique significative, dont le taux effectif est de 3%. Plus près de Malabo, le Cameroun a introduit, à compter de janvier 2026, un régime de présence économique significative applicable aux entreprises numériques non résidentes, avec une imposition de 3% du chiffre d’affaires réalisé au Cameroun. Selon le document de programmation économique et budgétaire à moyen terme comptant pour la période 2023-2025, ladite disposition, dont l’entrée en vigueur était initialement prévu pour 2023 ciblait « un rendement minimal annuel de 20 milliards FCFA pour le Cameroun, selon les estimations de l’OCDE».
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