Le Think Do Tank The Okwelians organise du 19 au 21 mars 2025 à Yaoundé la première édition de son Okwelians Summit. Quel en est l’objectif et pourquoi est-il nécessaire aujourd’hui ?
Face aux crises protéiformes qui affectent l’économie mondiale au cours des dernières années, l’économie camerounaise subit un ralentissement persistant de l’activité, avec des conséquences éprouvantes pour les ménages et les entreprises.
En réunissant au cours de ce Sommet hauts fonctionnaires, élus, autorités traditionnelles, investisseurs, chefs d’entreprises, opérateurs du secteur informel, chercheurs, universitaires, experts, représentants de la société civile, medias et influenceurs, nous souhaitons non seulement stimuler une réflexion collective mais surtout susciter des solutions pérennes aux défis de la vie chère, du sous-emploi ou encore la paupérisation grandissante de la population ; deux Camerounais sur cinq vivant désormais en dessous du seuil de pauvreté.
Il devient donc urgent voire impératif de mobiliser les acteurs privés et publics, locaux et internationaux, pour transformer le système productif camerounais et donner ainsi un coup d’accélérateur à la transformation structurelle de notre économie.
En quoi cet événement se distingue-t-il d’autres rencontres économiques ? Quels résultats tangibles attendez-vous de ce Summit ?
Le Summit se veut le temps de ces 3 jours un laboratoire innovant, collaboratif et fonctionnel au service de la compétitivité de l’économie camerounaise ; tant celle des start-ups et autres TPE que celles des PME et grandes entreprises. L’originalité du Summit réside donc avant tout dans son approche inclusive: l’économie est l’affaire de tous et la participation d’acteurs d’horizons divers pourrait favoriser des échanges impactants.
Elle réside aussi dans la méthode employée. Fruit d’une co-construction entre le secteur public, la société civile et les partenaires internationaux, le Summit devrait permettre un dialogue pragmatique autour des obstacles et solutions au décollage économique du Cameroun. André Siaka, PDG de Routd’Af et ancien Président de l’Union des Patronats d’Afrique Centrale, nous fait d’ailleurs l’honneur d’assurer la présidence du Comité d’organisation de cette première édition.
Nous souhaitons non seulement stimuler une réflexion collective mais surtout susciter des solutions pérennes aux défis de la vie chère, du sous-emploi ou encore la paupérisation grandissante de la population.
Surtout, avec The Okwelians Summit, on n’entend pas s’arrêter pas aux constats. Du Summit découlera également la publication d’un Livre Vert à l’attention des parties intéressées. Plus encore, de véritables partenariats concrets seront encouragés pour garantir la mise en œuvre effective des solutions proposées. Nous avons pour ambition de servir d’incubateur voire d’accélérateur d’initiatives durables pour la transformation économique du pays.
Quelles raisons ont guidé le choix de la thématique centrale du Summit : « Cameroun 2035 : à la croisée des chemins vers une transformation durable » ?
Le contexte économique actuel impose un changement de paradigme : bâtir une nouvelle économie du Vivant autour de ressources durables, des savoirs endogènes et de l’innovation verte. Aujourd’hui, le Cameroun est véritablement à un tournant décisif : bien négocié, ce virage ouvrira la voie à une prospérité soutenue. Mal maîtrisé, il pourrait compromettre les ambitions nationales de devenir une puissance agro-industrielle régionale voire mondiale dans un horizon proche.

Mais une telle transformation ne saurait également s’opérer sans un changement de méthode ; en convoquant de nouveaux outils et approches de dialogue reposant sur un engagement fort du secteur privé, moteur essentiel de la création de valeur. Le Summit entend donc catalyser cette dynamique, en particulier auprès des jeunes entrepreneurs et intrapreneurs qui sont 800.000 chaque année à intégrer le marché de l’emploi, en offrant une plateforme où acteurs publics et privés pourront co-construire des solutions innovantes pour l’avenir du Cameroun.
Cette première édition du Summit vise donc à contribuer à identifier des solutions concrètes, créer des synergies entre les acteurs clés et impulser des initiatives structurantes alignées sur la Stratégie Nationale de Développement (SND30). Nous remercions en ce sens le Minepat, l’API et Eurocham pour leur soutien décisif.
Quel regard portez-vous sur l’économie camerounaise et le rôle du partenariat public-privé ?
Je le répète, l’économie camerounaise est à un tournant décisif. Son dynamisme est en deçà de son potentiel, et des réformes sont nécessaires pour relever les défis actuels. La transformation économique du pays repose sur des choix stratégiques clairs : produire ce que nous consommons et consommer ce que nous produisons.
L’économie camerounaise est à un tournant décisif. Son dynamisme est en deçà de son potentiel, et des réformes sont nécessaires pour relever les défis actuels.
C’est dans cette optique que ce Summit entend stimuler les partenariats public-privé. Au-delà des discussions, il s’agit d’engagements concrets pour structurer une transformation économique durable.



