La branche française du cabinet RSM va réaliser un audit du concours de recrutement de la 22e promotion des agents d’encadrement supérieur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC). Le sixième mondial de l'audit et conseil, qui opère dans une quarantaine de pays, a été sélectionné à l’issue d’un appel d’offres lancé le 6 juin 2024 par l’institution monétaire régionale. « Il devra travailler en toute transparence et indépendance afin de produire un rapport qui permettra au Comité Ministériel de l’UMAC de se prononcer sur la suite réservée à ce processus de recrutement », indique un communiqué de la Banque centrale.
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Le lancement officiel du processus d’audit s’est tenu le 29 janvier dernier par visioconférence sous la présidence d’Yvon Sana Bangui, le gouverneur de la BEAC. L’occasion pour ce dernier de réitérer à RSM son cahier de charges. Au terme du processus, l’auditeur français doit établir la transparence du recrutement, identifier les éventuelles faiblesses ou irrégularités qui auraient pu entacher le bon déroulement du concours et formuler des recommandations concrètes pour améliorer les procédures de recrutement à l'avenir.
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« Le Gouverneur a insisté sur le fait que cet audit doit permettre de restaurer la confiance du public dans les processus de recrutement de la BEAC et de garantir que les futurs agents d'encadrement supérieurs seront recrutés sur la base de leurs compétences et de leur mérite », précise le communiqué. RSM a jusqu’au 15 mars 2025 pour livrer sa copie.
Pour rappel, le concours de recrutement sus-évoqué a été lancé en décembre 2021 par la BEAC, mais les résultats définitifs ne sont toujours pas connus 4 ans après. En juillet 2022, une première liste d’admissibilité de 66 candidats (sur 45 recherchés) a été publiée, mais le processus a ensuite été suspendu sur instruction du comité ministériel de l’Union Monétaire de l’Afrique Centrale (UMAC) qui a prescrit d’examiner les conditions d’organisation du concours et la crédibilité des résultats. L’objectif de cette décision était de faire la lumière sur le recrutement, car de nombreuses voix s’étaient élevées, après la publication des candidats admissibles, pour dénoncer de nombreuses irrégularités ayant émaillé le processus.
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Dans une note adressée le 31 mai 2022 à sa hiérarchie, le Directeur général du contrôle général de la BEAC Bienvenu Marius Roosevelt Feimonazoui recommandait que le processus soit purement et simplement repris évoquant des « incidents » qui ont observés lors du déroulement de la phase écrite, lesquels « faussent entièrement les règles du jeu en même temps qu’il contreviennent aux dispositions définies et publiées encadrant ledit concours ». Par ailleurs, l’ancien gouverneur, Abbas Mahamat Tolli était soupçonné d’avoir favorisé ses proches. Des accusations qui visaient aussi plusieurs hauts cadres de la maison.
Le 1er août 2022, Hervé Ndoba, alors PCA de la BEAC ordonnait la suspension « immédiate » du processus, estimant qu’il avait été « émaillé d’incidents significatifs de nature à en altérer la crédibilité ». Ce qui avait alors donné lieu à des empoignades entre le gouverneur et son conseil d’administration.
Alors que la situation s’est un peu plus apaisée, les résultats de l’audit et la décision qui en découlera seront déterminants pour la suite de l’affaire. Si la BEAC annule le processus et choisit de le reprendre, les 66 candidats présélectionnés envisagent de porter plainte auprès de la Cour de Justice de la CEMAC pour exiger réparation.

