Le lancement était présenté comme une nouvelle étape dans la modernisation des infrastructures de paiement au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Mais, depuis sa mise en service le 3 août, le nouveau système régional de télécompensation de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) donne lieu à des perturbations dans le traitement de certaines opérations bancaires.
Des usagers signalent notamment des délais plus longs pour la compensation de chèques et, plus largement, pour le dénouement de certaines transactions. La situation intervient quelques jours seulement après la mise en service de SYSTAC 2, le « Système de télé-compensation en Afrique centrale, version 2 », qui remplace l’ancienne plateforme utilisée depuis 19 ans. Dans un communiqué publié ce 12 août, la BEAC confirme l’entrée en production du nouveau dispositif et précise qu’elle « veille, durant cette phase, au maintien de la continuité des services financiers fournis à la communauté ».
Lire aussi : Gabon : Okoumé Capital obtient l’agrément de la Cosumaf et se renforce dans le capital-investissement
Ces assurances contrastent avec la situation sur le terrain, notamment pour les entreprises et les particuliers. Les perturbations affectent particulièrement les entreprises dont la trésorerie dépend de la réception ponctuelle de règlements de clients ou de partenaires. Les chèques sont concernés, leur compensation reposant sur des échanges entre établissements bancaires avant que les fonds ne soient définitivement disponibles pour le bénéficiaire. La BEAC ne donne toutefois aucun chiffre sur l’ampleur des perturbations ni sur le nombre d’établissements ou d’usagers concernés. Elle insiste plutôt sur les mesures prises pour accompagner la transition. SYSTAC 2, qui gère les paiements de détail (virements, prélèvements, chèques et cartes bancaires), succède à la précédente mouture exploitée depuis 2007. Elle offre une architecture technique centralisée, sécurisée et 100% accessible en ligne.
Lire aussi : Vivian Tchatchueng (Fako Capital) obtient l’agrément Cosumaf pour le premier fonds de Private equity de la CEMAC
Selon la BEAC, elle a été conçue selon la norme ISO 20022 afin de contribuer « à renforcer l’efficacité des traitements, à accroître la sécurité des opérations et à favoriser l’intégration progressive de nouveaux services de paiement répondant aux besoins des acteurs économiques de la sous-région ». Le système comprend trois modules : un système de compensation automatisée avec deux compartiments, Central et Participant, un module de gestion des litiges et un module relatif aux paiements instantanés, dont la mise en production interviendra ultérieurement. Cette plateforme marque une étape du programme de modernisation des infrastructures de paiement engagé par la Banque centrale pour doter la CEMAC de systèmes plus performants, plus sûrs et conformes aux meilleurs standards internationaux. Le processus devrait se poursuivre avec le démarrage du nouveau RTGS, le Système des gros montants automatisé (SYGMA V2), actuellement en cours de finalisation et dont la mise en exploitation est prévue dans les prochaines semaines.
Lire aussi : Notation : S&P renforce sa présence en Afrique avec le rachat de l'agence nigériane Agusto & Co
« En étroite collaboration avec les établissements participants, la BEAC a pris les dispositions nécessaires pour assurer une transition maîtrisée vers cette nouvelle plateforme et veille, durant cette phase, au maintien de la continuité des services financiers fournis à la communauté », explique-t-elle. Elle remercie l’ensemble des établissements de paiement, les trésors publics nationaux ainsi que les autres institutions financières participantes « pour leur mobilisation » et les invite à poursuivre leurs efforts d'amélioration des services afin d'assurer le succès de cette opération, dans l'intérêt de la stabilité, de la sécurité et de l'efficacité des systèmes de paiement de la CEMAC ».
La mise en production intervient après plusieurs mois de préparation technique et implique l’adaptation des systèmes d’information des banques ainsi que leur raccordement à la nouvelle plateforme régionale. À terme, la BEAC veut adapter l’infrastructure régionale à l’évolution des usages, marquée par la progression des virements électroniques, des paiements par carte et des nouveaux services financiers. La banque centrale reconnaît ainsi qu’une période d’adaptation accompagne le lancement de SYSTAC 2, alors que les établissements doivent résorber les difficultés techniques et retrouver des délais de traitement conformes aux attentes des clients.
Lire aussi : OPINION - Pourquoi la rupture entre Afreximbank et Fitch révèle un fossé plus profond









