S&P Global Ratings a annoncé mardi l'acquisition d'une participation majoritaire dans l'agence nigériane Agusto & Co., renforçant ainsi sa présence sur les marchés africains du crédit domestique, au moment où plusieurs gouvernements du continent contestent les méthodes des grandes agences internationales de notation et accélèrent le projet d'une agence panafricaine. Les modalités financières de l'opération n'ont pas été dévoilées. Sa finalisation reste soumise aux approbations réglementaires et est attendue au cours du second semestre 2026.
Fondée en 1992 par l'économiste nigérian Olabode Agusto, Agusto & Co. fournit des notations de crédit et des études économiques au Nigeria ainsi qu'au Ghana, au Kenya et au Rwanda. Depuis sa création, l'agence affirme avoir attribué plus de 4 000 notations couvrant notamment des entreprises, des institutions financières et des émetteurs publics.
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Pour S&P, cette acquisition s'inscrit dans une stratégie de développement sur un continent où le marché de la notation domestique reste encore peu couvert par les grandes agences internationales. « Cet investissement (…) viendra compléter et soutenir la stratégie de croissance de S&P Global Ratings en Afrique », a indiqué le groupe dans un communiqué. Son président, Yann Le Pallec, estime que le rapprochement favorisera « une analyse éclairée, un dialogue constructif sur le marché et une plus grande confiance des investisseurs, tant au niveau régional qu'international ». Agusto continuera toutefois d'opérer comme une entité indépendante et poursuivra l'émission de ses propres notations conformément à la réglementation locale, a précisé S&P.
L'opération intervient deux ans après le rachat de l'agence sud-africaine Global Credit Rating (GCR) par Moody's, illustrant l'intérêt croissant des grands groupes internationaux pour un marché africain du crédit en pleine expansion. En prenant le contrôle d'acteurs déjà implantés, ces agences renforcent leur couverture des entreprises, des banques et des émissions obligataires locales, un segment encore moins développé que celui des notations souveraines.
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Cette offensive intervient cependant dans un contexte de défiance croissante des gouvernements africains à l'égard des agences internationales. Plusieurs États les accusent de surestimer les risques politiques et économiques du continent, contribuant ainsi à renchérir leurs coûts d'emprunt sur les marchés internationaux. Les Nations unies et le Mécanisme africain d'évaluation par les pairs (MAEP) ont également appelé à une meilleure prise en compte des réalités économiques africaines dans les méthodologies de notation.
Face à ces critiques, l'Union africaine poursuit le développement de sa propre agence de notation, un projet destiné à proposer une évaluation du risque de crédit jugée plus adaptée aux économies africaines et à faciliter l'accès des États à des financements à des conditions plus compétitives.










